Au bar de la résidence Domitys Ker-Madiou, à Morlaix, Gildas et Mikaela du groupe Harmony Coeur nous ont livré un concert de chansons de 1938 à 2015, en français et en anglais. Toutes d’auteurs ou/et d’interprètes célèbres, toutes des tubes sauf quelques-unes moins connues mais qu’on a eu plaisir à découvrir. L’accompagnement musical était réussi mais le placement en fort contre-jour, le manque d’éclairage des artistes, la mauvaise qualité des images de mon camescope en faible lumière tant en photo qu’en vidéo, la panne de ma torche et de mon smartphone ont nui à la qualité de mes prises de vue. Pour conjurer le mauvais œil qui plane sur ces dernières, je prendrai aussi la prochaine fois mes appareils photo, qui font aussi de la vidéo. J’y arriverai, coquin de sort !
Les photos 17 à 24 sont en 3D. Elles se regardent avec des lunettes anaglyphes (verre œil gauche rouge, verre œil droit cyan). Meilleur effet relief avec une acuité visuelle en bon état pour les deux yeux. Gardez sur le nez vos lunettes correctives.
La Maison du Peuple de Morlaix a été inaugurée en avril 1925. Elle est une des deux dernières de Bretagne avec celle de Saint-Malo. Son centenaire a été célébré ce samedi 19 avril 2025.
LE MINI-CONCERT. La chose s’est déroulée sur le modèle de la Journée du Patrimoine annuelle : expositions et concert. Le Théâtre de la Corniche s’est une nouvelle fois acquitté de ce dernier. C’est la quatrième prestation de cette brillante troupe morlaisienne à laquelle j’assiste. Outre son fondateur, Claude Bonnard(ℹ) J’ai interviewé Claude Bonnard pour Le Télégramme en 1971, alors qu’il était directeur de la Maison des jeunes (MJC) de Morlaix., elle était cette fois composée de trois autres artistes que je ne connaissais pas : Antoine Asnar, Eva Hella Langlois, Olivier Cloarec, tous très talentueux. Au programme, des chansons tristes et des chansons rigolotes pour retracer de façon non exaustive un siècle d’histoire sociale dans notre pays. J’ai aimé la vivacité et la gestuelle d’Eva.
LES DEUX EXPOS. Dans une des nombreuses salles des nombreux étages des nombreux bâtiments de la vénérable Maison pour Tous de Morlaix deux expositions s’offraient à la vue des visiteurs. Sous forme de panneaux issus d’un gros travail de documentation et de mise en page, elles retraçaient l’une les 100 ans d’histoire de l’établissement, l’autre la vie d’Yves Guyader, ouvrier tonnelier et pionnier du mouvement ouvrier morlaisien à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.
OÙ JE PRENDS DE L’ÂGE. Deux éléments me rappellent que je ne suis pas né de la dernière pluie bretonne : le souvenir de ma première rencontre avec Claude Bonnard, il y a près de 55 ans et le fait que je ne reconnaisse plus grand monde dans l’assistance aujourd’hui. À part bien sûr mes deux anciens collègues du quotidien régional « Le Télégramme », Alain et Anne-Marie Quesseveur, respectivement secrétaire et archiviste du Comité de la Maison pour Tous.
LES EXTRAITS DE CHANSONS DANS LA VIDÉO
LES SARDINES.– Année : 1963. Paroles et musique : Pierre Louki (1920-2006). Gens de Pantin ou bien gens de Puteaux…
LA CRISE EST FINIE.– Année : 1934. Auteurs : Lenoir / Colpe / Waxman. On dit partout : Ça ne va pas/La crise par-ci, la crise par-là…
AU DEVANT DE LA VIE.– Année : 1936. Paroles : Jeanne Perret. Musique : Dimitri Chostakovitch. Chant de lutte des Auberges de Jeunesse né avec le Front Populaire. Ma blonde, entends-tu dans la ville/Siffler les fabriques et les trains ?…
A GALOPAR.– Poème de Rafael Albertí (1902-1999), devenu l’hymne des Républicains espagnols après sa mise en musique par Paco Ibanez. Las tierras, las tierras, las tierras de España…
COMPLAINTE DU PARTISAN.– Londres, 1943. Anna Marly (Anna Betoulinski) et Emmanuel d’Astier de La Vigerie. Un vieil homme dans un grenier/Pour un jour nous a cachés…
MAI 68.– Paroles et musique : Jean-Michel Caradec (1946, Morlaix – 1981, Rambouillet). Peintres évoqués : Julio (le Parc, expulsé), Pablo (Picasso). La branche a cru dompter ses feuilles/Mais l’arbre éclate de colère…
CHÔMAGE AU FOND DE LA VALLÉE.– Parodie (1994) d’après “Les trois cloches”. Auteurs : Jean Villard, Chanson plus bifluorée. À l’atelier on l’admire/On assure son avenir/À la prison de Fleury…
PREMIER MAI.– Paroles : Gaston Couté (1880-1911). Musique : sur l’air du « Temps des cerises » de Jean-Baptiste Clément. C’est le Premier Mai. Debout, camarades !/Pour les travailleurs, pour les ouvriers…
La commémoration de la libération de Plouigneau a été exceptionnelle, en présence des familles de trois tankistes américains tués en août 1944. Des hommages ont été rendus au 15th Cavalry Group Mechanized et à son commandant. Plusieurs cérémonies ont eu lieu, incluant un dépôt de gerbes et des chants patriotiques. Des vétérans ont été honorés avec des médailles et des diplômes. Des concerts de rock et de country ont également eu lieu au camp américain.
La commémoration sur deux jours de la libération de Plouigneau (Finistère nord) a aussi été exceptionnelle cette année par la présence des familles de George Palmateer, Ira Hamden et Lloyd Wade Stewart, trois tankistes américains tués lors des combats du 9 août 1944.
DEVANT LA STÈLE. Dimanche matin, place aux cérémonies officielles. Un hommage a d’abord été rendu au « 15th Cavalry Group Mechanized », à l’entrée du bourg, devant la stèle dédiée à son commandant, le lieutenant Robert Hamsley (devenu ensuite colonel), décédé le 11 avril 2018, à Lawrenceburg dans le Tenessee, à l’âge de 98 ans. Pour libérer plusieurs communes du nord de la Bretagne, Robert Hamsley avait désobéi à sa hiérarchie, qui lui enjoignait de rejoindre Saint-Brieuc au plus vite. Le « 15th Cavalry Group Mechanized » faisait partie de la Task Force A, dépendant de la 3e armée Patton. Après la relation des faits survenus à Plouigneau par Daniel Picart, l’un des organisateurs de « Une journée en enfer », Jérémy Meuro, le maire de Plélo (Côtes-d’Armor), autre commune libérée par la colonne Hamsley, a pris la parole, avant de la céder à Joëlle Huon, maire de Plouigneau, les deux édiles jouant chacun pour l’autre le rôle de pied de micro. Dépôt de gerbes, sonneries, émotion des familles américaines lors de la diffusion de leur hymne national, puis on s’est dirigé au son du biniou vers le monument aux morts, au centre du bourg, pour un hommage à tous les combattants.
AU MONUMENT AUX MORTS. La présence imprévue d’Henri Venner, 102 ans, bon pied bon œil, a ravi les organisateurs qui l’ont associé à la cérémonie en l’invitant à accompagner Joëlle Huon, maire de Plouigneau, pour son dépôt de gerbe. Originaire du Finistère, Henri Venner était parti de Saint-Brieuc en 1942 pour rejoindre Londres. Il est un des derniers membres des Forces Françaises Libres (FFL). La chorale locale « Cantarelle » a chanté « La Marseillaise », le « Chant des Partisans » et l’enjouée « Fleur de Paris » dont le début a été perturbé par les cloches de l’église sonnant midi.
À L’ÉCOMUSÉE. Après un lâcher de pigeons, il était temps de se diriger vers l’écomusée pour le pot de l’amitié et la remise, par les maires des deux communes libérées, des médailles, des diplômes et des ardoises pour honorer les vétérans disparus. L’après-midi, je suis retourné au camp américain pour assister à une partie du concert de musique rock et country par « Danny Fletsher & Co » et au battage à l’ancienne par les « Amis de l’écomusée ». La moto à chenilles clôt la vidéo.
La commémoration de la libération de Plouigneau a pris un tour exceptionnel avec l’événement « Une journée en enfer » sur deux jours. Un convoi militaire s’est déplacé avec des véhicules d’époque. Une exposition et des démonstrations ont été organisées par des associations de collectionneurs.
La commémoration de la difficile libération de Plouigneau, près de Morlaix (Finistère nord), a pris un tour exceptionnel cette année. La manifestation intitulée « Une journée en enfer » s’est déroulée sur deux jours, le samedi 29 et le dimanche 30 juillet 2023. Le camp militaire américain a été reconstitué avec précision sur le pré où il s’était installé, le 8 août 1944, avant que l’arrivée d’une colonne allemande ne déclenche la sanglante bataille du 9 août. Samedi à 10 h, un convoi militaire d’une quinzaine de véhicules d’époque est parti du camp pour rejoindre Morlaix, où il a créé la surprise des passants en ce jour de marché. Il a ensuite rejoint le camp en passant par diverses communes environnantes. L’après-midi, j’ai visité l’exposition à l’entrée du camp. Un peu à l’étroit dans son barnum, vu le nombre d’objets présentés et le nombre de visiteurs, elle a laissé de la place à quelques sièges pour voir en continu la vidéo de membres du Conseil Municipal des Jeunes, qui ont interrogé des témoins des événements. À l’intérieur du camp, l’association morlaisienne « Calandre et Torpédo », dont mes lecteurs savent que je suis fan, montrait quelques voitures anciennes d’avant 1945. Derrière son stand, Maud Le Coic, incollable sur le rationnement, évoquait les 100 g de riz autorisés par mois et le café à la chicorée. Deux associations de collectionneurs, « MVCG Bretagne » et « Bretagne 39-45 », ont mis à disposition leurs véhicules et maté-riels, proposant des démonstrations et animations autour de la reconstitution du camp.
Ainsi se termine la série de trois épitres de Clément Marot. Je les avais apprises par cœur dans mes années lycéennes mais j’ai dû les réapprendre. Je n’ai pas une mémoire d’éléphant. Parmi mes morceaux choisis dans le Lagarde et Michard consacré au XVIe siècle, arrive François Rabelais. Un extrait de Gargantua et un extrait de Pantagruel seront livrés en vidéos.
Glossaire
valet de Gascogne.– Le « Gascon » est réputé menteur et voleur, et c’est ainsi qu’on le trouve chez Marot et chez Montaigne.
Pipeur.– Trompeur.
hart.– Corde du gibet.
hillot.– Garçon (mot gascon, prononcez iyott).
aposthume.– Tumeur, enflure.
Si.– Aussi.
onques puis.– Jamais depuis
Pour si petit.– Pour si peu.
Saie.– Casaque.
fors.– Sauf (cp hors)
chatouilleux de la gorge.– Parce qu’il est menacé de la « hart » (voir ci-dessus).
monté comme un Saint Georges.– Qui combattit, à cheval, un terrible dragon.
finer.– S’acquitter.
Ains.– Mais.
cuisse héronnière.– Maigre comme celle d’un héron.
pour autant.– parce que
Messieurs Braillon, Le Coq, Akakia.– Louis Braillon, Antoine Le Coq et Martin Akakia : trois illustres médecins de la Cour.
aller jusqu’à quia.– À la dernière extrémité (quia = parce que… Réponse de celui qui reste sans argument).
taillé de.– capable de.
meurs.– mûrs
longtemps a.– il y a longtemps que
juleps.– potions.
dépendu.– dépensé.
ce néanmoins.– malgré cela.
si voulez rien prêter.– si voulez prêter quelque chose (latin rem).
« Octobre 1527. MAROT est de nouveau en prison, mais l’affaire est moins grave qu’en 1526 : aussi expose-t-il son cas, cette fois, sans allégorie. Récit pittoresque où le prisonnier plaisante sur sa mésaventure et met ainsi le roi de son côté. Chef d’œuvre d’humour et “d’élégant badinage” selon BOILEAU ». (Lagarde et Michard).
Dans mes années collégiennes et lycéennes, il était de bon ton de décrier la Collection littéraire Lagarde et Michard. Moi, je l’ai-mais bien, cette collection. Je lui dois le peu de ce que je sais sur les auteurs classiques français. Contrairement au Castex et Surer, que je trouvais plutôt barbant, le Lagarde et Michard as-sortissait ses propos de textes des auteurs étudiés. J’ai large-ment puisé dans cette mine plus tard, lorsque je me produisais dans des cafés-poésies parisiens (Grand Hôtel du Louvre, café de la Mairie à Saint-Sulpice, un café à Belleville), avant l’apparition des cafés-théâtres. La version de Clément Marot de la fable du lion et du rat (merci Esope, fin VIIe s, début VIe s avant JC !), a été écrite près de 150 ans avant la version de La Fontaine, plus connue. Alors que cette dernière visait à établir une morale, celle de Marot était adressée à son ami, le Poitevin Léon Jamet, pour qu’il l’aide à sortir de prison.
« Non, on ne trouve pas que des reportages sur l’arrivée des pre-mières fraises au marché ou sur ces privilégiés de retraités qui font rien qu’à se balader en camping-car ou se dorer la couenne en croisière… Il y a aussi de graves sujets de société au J.T de Jean-Pierre Pernaut ! » m’écrit dans un mail mon confrère blogueur Guy, dont j’ai parfois moqué l’intérêt pour le 13 H de TF1. Ainsi m’arrive du Var la révélation de l’existence dans ma commune du Finistère d’un médecin de campagne comme on n’en fait plus. À 80 ans, le Dr Alain Kerneis ne pense pas à la retraite. Il ne comprend pas la réticence des jeunes à s’installer en milieu rural. Depuis plus de 50 ans, il pratique un « métier de curé », une mé-decine à l’écoute des patients et qui prend son temps. Rafraichissant ! Dans l’extrait, le journal de Jean-Pierre Pernaut, en vacances, est présenté par Jacques Legros.
MISE À JOUR
Rencontré le Dr Kernéis en 2025. Il a pris sa retraite.
Mes lecteurs savent combien j’apprécie la Maison du Peuple de Morlaix, en particulier sa salle des fêtes d’un autre âge dont je suis tombé amoureux. Aujourd’hui ont été réceptionnés les travaux de consolidation de cette salle des fêtes qui lui permettront d’attendre sa rénovation.
DU BEAU MONDE À L’EXPO. Par la même occasion la CGT locale, propriétaire des lieux, a procédé au vernissage de l’exposition « La CGT, 120 ans en Finistère, hier, aujourd’hui, demain » (ouverte jusqu’à mercredi), devant un public de choix. À part moi, on remarquait en effet la présence de Claude Bonnard, du Théâtre de la Corniche, Annie Loneux, conseillère déléguée de Morlaix communauté, Guy Tandé, président du Comité de la Maison du Peuple, Anne-Marie et Alain Quesseveur, membres très actifs de ce comité et de deux jolies journalistes des quotidiens locaux, Le Télégramme et Ouest-France.
PROBLÈME D’IMAGES. Un mot sur mes déboires de photographe. Avant de me rendre à Morlaix, j’ai sorti de mon sac le caméscope Panasonic en vue de recharger sa batterie. J’ai constaté qu’il avait subi un choc sévère et qu’il était fichu. Je vais regretter cet appareil qui m’accompagnait en permanence car il produisait des photos et des vidéos de qualité, grâce notamment à son excellente optique Leica. Lorsque j’ai voulu photographier le vernissage de l’exposition, l’écran de mon Fujifilm XE1 m’a appris que la carte-mémoire était absente. Damned ! Elle était restée dans l’ordinateur. Il ne me restait plus que le caméscope JVC 3D qui fait aussi des photos en 2D mais de qualité médiocre en basse lumière. Je n’ai vu autant de grain sur des images qu’au temps de l’analogique, quand on gonflait trop la sensibilité ISO de la pellicule ou quand on ratait le développement. J’aurais mieux fait d’utiliser mon smartphone. Pas eu le réflexe. Question d’âge !
L’Union locale CGT de Morlaix sait recevoir dans sa Maison du Peuple lors des Journées du patrimoine. Cette année, elle a déni-ché dans les recoins de ses nombreux bâtiments une collection impressionnante de banderoles, affiches, photos ayant accom-pagné les manifestations et les actions revendicatives du syn-dicat dans la région tout au long de son histoire. On les admire dans une salle et autour de la cour intérieure. Dans une autre salle, on retrouve les panneaux de l’exposition sur les immigrés espagnols dans le Finistère et en particulier dans le pays de Morlaix entre 1936 et 1940. Côté cour, trois comédiens du Théâtre de la Corniche qui, comme moi, aiment beaucoup l’endroit nous offrent un brillant récital de chansons sociales. Le spectacle est malicieusement intitulé « Le Juste Cri ». Le programme est établi par les spectateurs invités à faire tourner « La Roue de l’Infortune » sur laquelle chaque numé-ro correspond à un thème. Arrivée d’une longue tournée en ville (Manufacture des Tabacs, Grand’rue, maison à Pondalès, Mairie…), la chorale morlaisienne A Cappello prend la relève. Son interprétation de « Poor Man Laza-rus » est dans le ton : le gospel évoque la parabole du mauvais ri-che et du pauvre Lazare. La deuxième tranche des travaux à la Maison du Peuple inclut une consolidation de l’amour de vieille salle des fêtes pour laquelle – les lecteurs de ce blog le savent – j’ai eu un coup de cœur. La rénovation sera pour plus tard. La souscription semble fermée.
Identité nationale.– De Patrick Font. Parodie de “Le Métèque”, de Georges Moustaki. Je suis un français de pure souche/Et j’ai toujours au coin d’la bouche…
La Chanson de Craonne.– Anonyme, 1917. Quand au bout d’huit jours, le r’pos terminé,/On va r’prendre les tranchées…
Mon vieux Pataud.– (1934), de Le Peltier et Valsien. Immortalisé par Berthe Sylva. Un jour comme il sortait du bureau d’Bienfaisance/Il salua m’sieur l’maire qui dit bonjour Butaud…
Quand j’suis paf.– (1932). De l’opérette “Mon amant !”. Et sans arrêt je ris je ris/Ça me donne envie d’chanter…
Syracuse.– De Bernard Dimey et Henri Salvador (1962). Voir les jardins de Babylone/Et le palais du grand Lama…
Poor Man Lazarus.– Dans “Gospel of Luke”, d’après une parabole de la Bible. Poor man Lazarus, sick and disabled,/dip your finger in the water;…
La parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare
Évangile selon saint-Luc, chapitre 16, versets 19 à 31 : « Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d’ulcères, et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères. Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Il s’écria : Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme. Abraham répondit : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. Le riche dit : Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père ; car j’ai cinq frères. C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. Abraham répondit : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent. Et il dit : Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront. Et Abraham lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait ». Traduction d’après la Bible par Louis Segond.