ené Caroff n’avait jamais joué de la guitare quand il a pris sa retraite mais il aimait le son de cet instrument. Alors il s’y est mis et le voilà maintenant chanteur interprète, « vieux débutant », comme il se dit lui-même avec simplicité. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la guitare, il la maîtrise bien. Côté voix ça n’allait pas fort au début car il sort à peine d’une bronchite, mais ça s’est amélioré au fil du concert en prenant régulièrement une boisson miraculeuse dont on n’a pas su la teneur. Le répertoire composé majoritairement de chansons françaises de qualité a ravi l’auditoire. En fin de concert, un résident a bien résumé le sentiment général en déclarant : « On a passé un bon moment » !
Florence Marc, directrice de Domitys Ker Madiou et Chloé Loisel, son adjointe, ont présenté leurs vœux et ceux des équipes aux habitants de la résidence qui ont été remerciés pour leur bienveillance et leur implication dans les activités et animations. La création par certains d’entre eux de La Gazette a notamment été saluée. Indiquant que la résidence est au complet depuis juillet, la directrice a chaleureusement remercié Carole Cardinal, commerciale, d’avoir fait en sorte que tous les occupants des appartements aient désormais des voisins. Elle a annoncé une nouvelle « grande fête » en avril prochain pour les cinq ans de Domitys Ker Madiou. Jean-Paul Vermot, maire de Morlaix et candidat aux municipales de mars, a rappelé que nous sommes dans une période où il n’a pas le droit de présenter son bilan en dehors des réunions électorales. Il nous a cependant raconté une histoire d’eau très intéressante qui a expliqué pourquoi des travaux sur deux canalisations aux deux côtés de Morlaix ont dû être menés conjointement en urgence, ce qui a perturbé longuement la circulation dans la ville.
Mathis, 18 ans ou 19 ans selon les sources, est un chanteur pop originaire de Ploudaniel. Il est arrivé en retard à Ker Madiou, venant d’un autre concert qu’il venait de donner dans un autre coin de Bretagne. C’est ainsi que l’on a pu assister au déploiement et aux réglages de son matériel : deux enceintes, un ampli, une tablette et sur lui télécommande et écouteurs. Et constater déjà à ce stade que le jeune homme bénéficie d’une énergie débordante. Sa voix, posée et douce, est hélas noyée dans une sono aux basses trop fortes… au dire de porteurs d’appareils auditifs ! Voix déjà remarquée dans l’émission de télévision « N’oubliez pas les enfants » (version enfant de « N’oubliez pas les paroles » pendant les fêtes), le 1er janvier 2020 où il avait porté le titre envié de maestro. Des spectateurs d’un certain âge ont pensé que la majeure partie de ce récital d’avant réveillon était de la composition de l’artiste alors qu’à l’inverse il s’agissait de reprises de chansons très connues mais récentes. Il y avait aussi des standards plus anciens, comme « On va s’aimer », de Gilbert Montagné, dont un extrait est à voir et à entendre dans la vidéo ci-dessus. Au final, un beau moment musical.
Aujourd’hui, Halim Corto nous a livré une de ses compositions, mais c’est surtout comme interprète de standards de la chanson qu’il est venu à Ker Madiou. Sa voix exceptionnelle allie puissance et douceur. Elle reflète sensibilité et bienveillance. C’était un concert en connivence avec le public, qu’il a encouragé à chanter avec lui. Halim Corto, 42 ans, est un auteur breton, compositeur, interprète, créateur de spectacles et drag-queen (sous le personnage de Zarracetamol). Intermittent du spectacle depuis 2009, l’artiste a une forte expérience de la scène qu’il a pu partager notamment avec Keen’V, Sandy Coops (The Voice 2), Bruno Moreno (The Voice 3), Magalie Vaé (Star Academy 5), Slimane, Nedjim Mahtallah, etc. En 2014, il a également partagé la scène avec la marraine de son deuxième album, Amel Bent. Il s’est montré très engagé dans la cause LGBTQIA + depuis plusieurs années et au sein d’associations contre les violences faites aux femmes. La cause des animaux lui tient aussi à cœur.
Résident de fraiche date à Domitys Ker Madiou, Jean-Charles Le Pellec fabrique des crèches depuis longtemps. Il en a réalisé une, superbe, pour la résidence. Ayant vécu et travaillé en Arles, il en connait un rayon sur les traditions particulières de la période de Noël dans cette région. Il nous a raconté l’histoire des crèches et des santons en préambule de la diffusion, sur l’écran du salon, de la Pastorale des santons, le conte d’Yvan Audouard. Un bain de Provence d’une cinquantaine de minutes !
Deux étudiantes de la faculté de médecine de Brest, Léna Blaize et Suzanne Contios, ont animé une conférence au Domitys de Morlaix sur l’utilisation des écrans et sur le bien-être ou les désagréments que l’on peut en tirer.
Frédéric Mallégol nous a raconté la vie de Simone Veil. Comme dans toutes ses conférences, très appréciées à Domitys, il a maitrisé son sujet avec brio. Simone Veil, née Jacob le 13 juillet 1927 à Nice, est une magistrate et femme d’État française. Déportée à Auschwitz à 16 ans pendant la Shoah, elle perd sa famille mais survit avec ses sœurs. Elle épouse Antoine Veil en 1946 et devient haut fonctionnaire après des études de droit. En tant que ministre de la Santé en 1974, elle fait adopter la loi dépénalisant l’IVG, connue sous le nom de « loi Veil ». Elle est la première présidente du Parlement européen de 1979 à 1982 et joue un rôle clé dans la réconciliation franco-allemande. Elle est ministre d’État de 1993 à 1995 et siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007, avant d’être élue à l’Académie française en 2008. Elle est entrée au Panthéon le 1er juillet 2018.
Encore un concert de qualité à Domitys Ker Madiou où le bar a pris des airs de cabaret. Dimitri Aubry, chanteur lyrique baryton et de variétés, saxophoniste, chef d’orchestre et ses parents, chargés de l’intendance et de la technique, nous sont venus de Vertou (Loire-Atlantique). Ils ont présenté « Chapeau, l’artiste ! », un savant mélange entre art lyrique et music-hall. Fond de scène, changements de costume fréquents, éclairage aux couleurs variées, sono professionnelle, rythme soutenu, tout y était.
DES ÉCOLIERS AUX PERSONNES ÂGÉES Dimitri Aubry a été animateur à la radio France Bleue Loire Océan et animateur et comédien à la télévision avec plusieurs partenariats, dont Réservoir Prod et Jean-Luc Delarue. Actuellement intermittent du spectacle au sein de l’Association « Les Étoiles Lyriques », Dimitri Aubry se produit depuis plus de quinze ans dans toute la France. Il assure 170 à 200 shows par an, en solo ou en meneur de revue, dans des théâtres, salles des fêtes, casinos, hôpitaux, ehpads, résidences pour seniors, écoles, etc.DE L’OPÉRA À LA CHANSONNETTE Cet après-midi, l’extrême diversité de son répertoire a été surprenante. On a eu droit, tant à la voix qu’au saxophone, à du moderne et à du classique et même à de l’opéra et de l’opérette. Le tout avec talent, voire virtuosité. Sur plusieurs chansons, quelques personnes du public ont dansé. French cancan endiablé, par deux hommes de l’équipe de Domitys, salués par l’artiste qui a cru déceler (humour) dans leur style une pointe de danse bretonne. Programme non figé : à la demande de spectateurs, Dimitri Aubry, après recherche dans sa base de données musicales pour les accompagnements, a joué « Petite Fleur », de Sydney Bechet et chanté « La java de Broadway ». La représentation avait commencé en retard mais au final cela valait le coup d’attendre, selon une résidente. Chapeau, l’artiste !
Lors d’une conférence à Domitys Ker Madiou, Armande Meunier et Stéphane Buard, infirmiers à la CDOT (► Coordination des Dons d’Organes et de Tissus) de l’hôpital de Morlaix, ont expliqué en quoi consiste leur travail et plus généralement ont dévoilé tout ce qu’on aurait voulu savoir sur le don d’organes sans jamais avoir osé le demander. Le sujet, lié à celui de la mort, est en effet encore un peu tabou, même si on en parle davantage qu’autrefois. Les intervenants ont affirmé d’emblée ne pas être venus en « recruteurs » de donneurs d’organes et ont déclaré ne porter aucun jugement sur les opinions des uns et des autres.
QUELQUES CHIFFRES Depuis la loi du 22 décembre 1976 (loi Caillavet), chacun est présumé donneur, sauf en cas de refus exprimé de son vivant. Cela peut se faire en s’inscrivant sur le ► registre national du refus (possible dès l’âge de 13 ans), en le disant au médecin traitant, appelé systématiquement par la coordination des dons, en le mentionnant dans le dossier médical partagé et en le disant partout autour de vous. En France, on compte 36,4 % de refus, le taux le plus bas est en Bretagne (21,3 %) et le plus haut en Ile-de-France (53,5 %). L’âge moyen en France des donneurs décédés prélevés est de 58 ans, un chiffre stable depuis 10 ans. Plus de 22 000 patients sont inscrits sur la liste nationale d’attente de greffe. En 2024, 852 patients en attente de greffe sont morts.
À L’HÔPITAL DE MORLAIX Le Centre hospitalier des Pays de Morlaix n’est un centre de prélèvements que depuis 2010. Il est agréé pour le prélèvement des organes, mais pour les tissus, seulement de la cornée et depuis 2023 des valves du cœur et des vaisseaux. Des travaux dans la salle et l’ajustement des compétences ainsi qu’une demande d’autorisation par l’Agence Régionale de Santé sont en cours pour les autres tissus. Les demandes d’autorisation par L’ARS doivent être renouvelées tous les cinq ans.
IDÉES REÇUES Ont été détaillées les réponses à dix questions que l’on se pose. Un excellent résumé en est fait dans un trousseau de cartes largement diffusé et offert. Il est là-dessous :
UN FILM PARLANT Pour terminer la séance, les deux conférenciers avaient prévu de nous diffuser « Comment j’ai sauvé des vies », un court-métrage dur et émouvant de sensibilisation au don d’organes. Ils y ont renoncé préférant conseiller à ceux qui ne craignent pas de le regarder de le rechercher sur youtube. Pas la peine : il est là-dessous :
Vers le XIe siècle après Jésus-Christ apparait une légende qui se développe particulièrement dans les régions franco-allemandes, les pays nordiques et de l’Est. Elle concerne trois « innocents » protégés par saint Nicolas qu’un malentendu littéraire a transformés en trois enfants.
UNE HISTOIRE SALÉE L’hiver approchant, ces trois enfants, partis glâner dans les champs se perdent. Attirés par une lumière venant d’une maison, ils frappent à la porte. L’homme leur ouvre. C’est Pierre Lenoir (Peter Schwartz dans la culture germanique), un boucher qui accepte de les accueillir pour la nuit et qui les tue après leur entrée. Il les coupe en menus morceaux pour en faire un petit salé et les met dans un saloir. Saint Nicolas, chevauchant son âne, passe par là. Il frappe à la porte. L’homme, n’osant pas rejeter l’évêque, le convie à dîner. Son invité lui demande du petit salé. Le boucher comprend qu’il est démasqué et avoue tout.
NAISSANCE DU PÈRE FOUETTARD Le saint homme étend alors trois doigts au-dessus du tonneau, reconstituant et ressuscitant les trois enfants. Il enchaine le boucher à son âne pour le punir. Celui-ci devient le père Fouettard dont le rôle sera de réprimander les enfants désobéissants, violents et irascibles. Vêtu de noir, cagoulé, portant barbe noire, il est tout l’opposé de saint Nicolas, visage ouvert, portant barbe blanche, habillé des vêtements colorés des évêques et tenant, pour l’iconographie, une crosse, dorée à l’origine, puis rouge et blanche, ce qui le rapproche du père Noël actuel.
LA TRADITION CONTINUE La fête de Saint-Nicolas se pratique encore aujourd’hui dans l’Est et dans plusieurs pays d’Europe. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, saint Nicolas passe dans les maisons pour apporter des friandises aux enfants sages : des fruits secs, des chocolats, des gâteaux et de fameux grands pains d’épices façonnés à son image, dont les papilles des exilés se souviennent à vie. Il est accompagné du père Fouettard, chargé de punir les enfants qui n’ont pas été sages. Dans la foulée, le 6 décembre des défilés populaires sillonnent les rues avec distribution de bonbons aux enfants, défilés parfois assortis de chars, souvent suivis d’un feu d’artifice.
MUTATION EN PÈRE NOËL Dans les pays autres que ceux cités plus haut on fête le père Noël à la date de la naissance de Jésus-Christ, inconnue mais fixée au 25 décembre dans le calendrier grégorien, à la fin du XVIe siècle. Personnage légendaire, le père Noël serait né de la transformation du personnage de saint Nicolas. Bien qu’il en conserve des éléments, comme sa générosité et son esprit de don, son caractère religieux s’est estompé et il est devenu un emblème du consumérisme dans de nombreux endroits.
Raconté par Catherine Caroff
Vidéo, 2 mn 2 s. « Ils étaient trois petits enfants qui s’en allaient glaner aux champs… ». Source : ► https://youtu.be/4iRwNQYnE90