a chorale de l’ORPAM (Office des Retraités et des Personnes Agées de Morlaix) est douée en langues. Elle a chanté en créole, en ukrainien, en wolof, en français, en italien, en breton, en anglais, en arabe, en hébreu, en latin. Un éclectisme linguistique qui a désappointé certains auditeurs. Afin d’équilibrer les tessitures, la cheffe de chœur s’est munie d’un basson pour accompagner les deux seuls hommes du groupe. Et ne disposant pas de clochettes pour l’« Air des clochettes » de « La Flûte enchantée » de Mozart, elle les a remplacées par… de la flûte. On sait s’adapter à l’ORPAM.
rédéric Mallégol nous a raconté La Libération sans prendre de liberté avec la réalité mais comme toujours de façon plaisante. On a suivi la 2e DB du général Philippe Leclerc de la Normandie à l’Alsace en passant par Paris et la 1re armée du général Jean de Lattre de Tassigny du débarquement en Provence à la campagne Rhin et Danube.
NORMANDIE, BRETAGNE Après le 6 juin 1944, le Jour J, le D-Day, la reconquête de la Normandie a été difficile et meurtrière jusqu’à la percée d’Avranches, le 28 juillet 1944, qui ouvrait la voie vers le reste du pays, notamment vers la Bretagne. La progression des Américains a été rapide à l’intérieur de cette dernière mais catastrophique dans les villes portuaires, où les Allemands s’étaient réfugiés, comme Saint-Nazaire, Lorient, Brest (“dont il ne reste rien”, dit la chanson de Prévert) et même Saint-Malo.
PARIS C’est le colonel Rol Tanguy, originaire de Morlaix, qui dirige avec des gaullistes comme le futur général Jacques Chaban-Delmas l’insurrection parisienne. Celle-ci était vouée à l’échec sans l’arrivée de la 2e Division Blindée du général Leclerc. Liesse, défilé sur les Champs-Élysées, discours du général De Gaulle et anecdote salace sur ce qui fut trouvé dans le caniveau au lendemain de cette journée.
STRASBOURG, ENFIN ! « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs flotteront à nouveau sur la Cathédrale de Strasbourg ! ». C’est, en 1941, le serment de Koufra, serment que tous ceux qui désormais se joindront à Leclerc se sentiront tenus d’accomplir. Il est exaucé le 23 novembre 1944. Il faudra attendre la capitulation de l’Allemagne pour que définitivement les dernières villes françaises deviennent libres notamment les poches de l’Atlantique comme Lorient, Saint-Nazaire ou Royan.
ENVERS DE LA MÉDAILLE Au chapitre des travers de la Libération ont été évoquées notamment les actions violentes déclenchées par les ressentiments des uns et des autres. Des Allemands d’abord : massacres du Vercors, de Tulle, d’Oradour-sur-Glane. Des Français ensuite : épuration sanglante, exécutions sommaires et femmes tondues.
CŒUR BERCÉ OU CŒUR BLESSÉ ? « Les sanglots longs des violons d’automne/Bercent mon cœur d’une langueur monotone ». Contrairement à la légende le message codé de Radio Londres n’était pas destiné à toute la Résistance française mais au seul réseau Ventriloquist, basé en Sologne, pour lui demander de déclencher le sabotage des voies ferrées situées en arrière des côtes, quelques heures avant le Débarquement. Les deux messages reçus par Ventriloquist diffèrent du texte de Verlaine, qui écrit « de l’automne » et « blessent » : Radio Londres aurait remplacé « blessent » par « bercent » sous l’influence de la version mise en musique et chantée par Charles Trenet en 1941.
ntreprise bretonne innovante, Grain de Sail(i)Il s’agit d’un jeu de mots avec de l’anglais et du français. En anglais, « sail » veut dire « voile » alors qu’en français apporter son grain de sel veut dire faire une contribution. est connue pour produire du chocolat bio et du café bio, avec une idée forte : importer ses matières premières par voilier-cargo afin de réduire l’empreinte carbone. Son siège et sa torréfaction sont à Morlaix, dans le Finistère.
TOUTES VOILES DEHORS L’entreprise vend des chocolats et cafés, mais elle est aussi devenue un acteur du transport maritime à la voile. Son premier voilier-cargo, Grain de Sail I, est en opération depuis novembre 2020 ; le second, Grain de Sail II, plus grand, a commencé ses traversées en mars 2024. Le Grain de Sail III est actuellement en construction pour une livraison en 2027. Il sera le plus gros voilier porte-conteneurs au monde.
USINE MODERNE ET PÉDAGOGIQUE L’entreprise sélectionne notamment des cacaos bio en Amérique latine — Pérou, République dominicaine, Équateur — et les transporte autant que possible à la voile avant transformation en Bretagne. La chocolaterie de Morlaix impressionne par le nombre de ses machines de toutes tailles et par son fort niveau d’automatisation. Au milieu de ces robots, des humains s’affairent pour les commander et les contrôler. L’originalité de cette usine, c’est qu’elle est aussi un musée. Un parcours est proposé aux visiteurs entre panneaux, écrans d’information ou de jeu et grandes vitres donnant sur les salles d’activité. Idée astucieuse : la pose sur ces vitres de cadres en adhésif noir légendés permettant d’identifier les différentes machines.
« Notre démarche jugée un peu farfelue des débuts a maintenant une crédibilité », glissait au Télégramme en 2019 François Liron, co-fondateur de l’entreprise, à qui est venue l’idée de départ de fabriquer du café et du chocolat bios haut de gamme en acheminant les matières premières avec la complicité du vent.
Bande-annonce du film de réalité virtuelle sur l’épave de l’Aboukir Bay dans la baie de Morlaix.
D
es résidents de Domitys Ker Madiou accompagnés d’Eva, l’animatrice de la résidence, ont plongé la tête la première dans la baie de Morlaix pour survoler l’épave d’un vieux voilier gisant au fond de l’eau depuis 1893. Tout en restant au sec dans l’espace culturel morlaisien La Virgule. Il s’agissait pour certains d’entre eux de leur première visite d’une Micro-Folie et/ou de leur première expérience de réalité virtuelle. Un film de 8 minutes en relief est diffusé dans un casque spécial. On change de point de vue en tournant la tête, comme si on y était. Avant l’expérience de réalité virtuelle, on a visité dans une première salle l’exposition de photographies « Tous à la plage », de Laurent Baudry La Virgule fêtera en juin ses 5 ans d’existence. C’est un lieu convivial de loisirs et de détente.
EN SAVOIR PLUS
MICRO-FOLIE.– Une Micro-Folie est une structure culturelle hybride imaginée en 2017 par La Villette. Chaque Micro-Folie est articulée autour de son musée numérique, réunissant plusieurs milliers d’œuvres de nombreuses institutions et musées. Aujourd’hui la Micro-folie de Morlaix fait partie d’un réseau de 24 Micro-Folie bretonnes et de plus de 600 Micro-Folie en France et à l’étranger !… RÉALITÉ VIRTUELLE.– La réalité virtuelle est une technologie qui plonge l’utilisateur dans un environnement numérique immersif, généralement à l’aide d’un casque, pour lui donner l’impression d’être présent dans un monde simulé. ABOUKIR BAY.– L’Aboukir Bay est un trois-mâts barque métallique, cap-hornier, construit en 1883 en Écosse. Il a fait naufrage en novembre 1893, au cours d’une tempête qualifiée de tempête du siècle, à l’entrée de la baie de Morlaix. L’épave a été découverte en 1976, identifiée formellement par sa cloche en 1994.
athis, 18 ans ou 19 ans selon les sources, est un chanteur pop originaire de Ploudaniel. Il est arrivé en retard à Ker Madiou, venant d’un autre concert qu’il venait de donner dans un autre coin de Bretagne. C’est ainsi que l’on a pu assister au déploiement et aux réglages de son matériel : deux enceintes, un ampli, une tablette et sur lui télécommande et écouteurs. Et constater déjà à ce stade que le jeune homme bénéficie d’une énergie débordante. Sa voix, posée et douce, est hélas noyée dans une sono aux basses trop fortes… au dire de porteurs d’appareils auditifs ! Voix déjà remarquée dans l’émission de télévision « N’oubliez pas les enfants » (version enfant de « N’oubliez pas les paroles » pendant les fêtes), le 1er janvier 2020 où il avait porté le titre envié de maestro. Des spectateurs d’un certain âge ont pensé que la majeure partie de ce récital d’avant réveillon était de la composition de l’artiste alors qu’à l’inverse il s’agissait de reprises de chansons très connues mais récentes. Il y avait aussi des standards plus anciens, comme « On va s’aimer », de Gilbert Montagné, dont un extrait est à voir et à entendre dans la vidéo ci-dessus. Au final, un beau moment musical.
Pierre Quentel venait de finir d’installer l’exposition de ses œu-vres, salle « Le Préau » à Locquénolé, quand les quatre partici-pants à la sortie organisée par Julien Simonklein, l’animateur de Domitys Morlaix, ont investi les lieux. Mince et élancé, le regard pénétrant, Pierre Quentel est artiste jusqu’au bout des doigts. Dans sa peinture, il y a de la danse et de la musique, même quand il ne montre pas des danseurs et des musiciens. Il y a aussi beaucoup de poésie, même quand il n’illus-tre pas les courts poèmes de Catherine Chartier, l’écrivaine des Monts d’Arrée. Ouverte hier lundi 4 août, l’exposition fermera le lundi 11 août. Précipitez-vous !
La commémoration de la libération de Plouigneau a été exceptionnelle, en présence des familles de trois tankistes américains tués en août 1944. Des hommages ont été rendus au 15th Cavalry Group Mechanized et à son commandant. Plusieurs cérémonies ont eu lieu, incluant un dépôt de gerbes et des chants patriotiques. Des vétérans ont été honorés avec des médailles et des diplômes. Des concerts de rock et de country ont également eu lieu au camp américain.
La commémoration sur deux jours de la libération de Plouigneau (Finistère nord) a aussi été exceptionnelle cette année par la présence des familles de George Palmateer, Ira Hamden et Lloyd Wade Stewart, trois tankistes américains tués lors des combats du 9 août 1944.
DEVANT LA STÈLE. Dimanche matin, place aux cérémonies officielles. Un hommage a d’abord été rendu au « 15th Cavalry Group Mechanized », à l’entrée du bourg, devant la stèle dédiée à son commandant, le lieutenant Robert Hamsley (devenu ensuite colonel), décédé le 11 avril 2018, à Lawrenceburg dans le Tenessee, à l’âge de 98 ans. Pour libérer plusieurs communes du nord de la Bretagne, Robert Hamsley avait désobéi à sa hiérarchie, qui lui enjoignait de rejoindre Saint-Brieuc au plus vite. Le « 15th Cavalry Group Mechanized » faisait partie de la Task Force A, dépendant de la 3e armée Patton. Après la relation des faits survenus à Plouigneau par Daniel Picart, l’un des organisateurs de « Une journée en enfer », Jérémy Meuro, le maire de Plélo (Côtes-d’Armor), autre commune libérée par la colonne Hamsley, a pris la parole, avant de la céder à Joëlle Huon, maire de Plouigneau, les deux édiles jouant chacun pour l’autre le rôle de pied de micro. Dépôt de gerbes, sonneries, émotion des familles américaines lors de la diffusion de leur hymne national, puis on s’est dirigé au son du biniou vers le monument aux morts, au centre du bourg, pour un hommage à tous les combattants.
AU MONUMENT AUX MORTS. La présence imprévue d’Henri Venner, 102 ans, bon pied bon œil, a ravi les organisateurs qui l’ont associé à la cérémonie en l’invitant à accompagner Joëlle Huon, maire de Plouigneau, pour son dépôt de gerbe. Originaire du Finistère, Henri Venner était parti de Saint-Brieuc en 1942 pour rejoindre Londres. Il est un des derniers membres des Forces Françaises Libres (FFL). La chorale locale « Cantarelle » a chanté « La Marseillaise », le « Chant des Partisans » et l’enjouée « Fleur de Paris » dont le début a été perturbé par les cloches de l’église sonnant midi.
À L’ÉCOMUSÉE. Après un lâcher de pigeons, il était temps de se diriger vers l’écomusée pour le pot de l’amitié et la remise, par les maires des deux communes libérées, des médailles, des diplômes et des ardoises pour honorer les vétérans disparus. L’après-midi, je suis retourné au camp américain pour assister à une partie du concert de musique rock et country par « Danny Fletsher & Co » et au battage à l’ancienne par les « Amis de l’écomusée ». La moto à chenilles clôt la vidéo.
La commémoration de la libération de Plouigneau a pris un tour exceptionnel avec l’événement « Une journée en enfer » sur deux jours. Un convoi militaire s’est déplacé avec des véhicules d’époque. Une exposition et des démonstrations ont été organisées par des associations de collectionneurs.
La commémoration de la difficile libération de Plouigneau, près de Morlaix (Finistère nord), a pris un tour exceptionnel cette année. La manifestation intitulée « Une journée en enfer » s’est déroulée sur deux jours, le samedi 29 et le dimanche 30 juillet 2023. Le camp militaire américain a été reconstitué avec précision sur le pré où il s’était installé, le 8 août 1944, avant que l’arrivée d’une colonne allemande ne déclenche la sanglante bataille du 9 août. Samedi à 10 h, un convoi militaire d’une quinzaine de véhicules d’époque est parti du camp pour rejoindre Morlaix, où il a créé la surprise des passants en ce jour de marché. Il a ensuite rejoint le camp en passant par diverses communes environnantes. L’après-midi, j’ai visité l’exposition à l’entrée du camp. Un peu à l’étroit dans son barnum, vu le nombre d’objets présentés et le nombre de visiteurs, elle a laissé de la place à quelques sièges pour voir en continu la vidéo de membres du Conseil Municipal des Jeunes, qui ont interrogé des témoins des événements. À l’intérieur du camp, l’association morlaisienne « Calandre et Torpédo », dont mes lecteurs savent que je suis fan, montrait quelques voitures anciennes d’avant 1945. Derrière son stand, Maud Le Coic, incollable sur le rationnement, évoquait les 100 g de riz autorisés par mois et le café à la chicorée. Deux associations de collectionneurs, « MVCG Bretagne » et « Bretagne 39-45 », ont mis à disposition leurs véhicules et maté-riels, proposant des démonstrations et animations autour de la reconstitution du camp.
Deux boîtes aux lettres neuves ont été installées aujourd’hui après la destruction des précédentes. Leur couleur verte suscite des inquiétudes quant à leur visibilité, mais le risque de destruction par un automobiliste éméché est improbable en Bretagne !
Cet après-midi, une semaine après la destruction par un chauf-fard de deux boites aux lettres, l’entreprise sollicitée par La Poste a installé deux boites neuves au même endroit. Elles sont plus mignonnes que les précédentes, mais leur teinte m’inquiète un peu. Quand le talus derrière elles aura retrouvé, au printemps, son plus beau vert, ne risquent-elles pas de se faire tamponner (le comble pour des boites postales) par un automo-biliste éméché, rentrant de boite de nuit, l’œil plus ou moins em-brumé ? Ce qui me rassure, c’est que cette éventualité est impro-bable en Bretagne !
Vidéo, 7 mn 16 s. Fête de la Bretagne. Tous à la Manu. Dim 18.05.2014.
La fête de la Bretagne, manifestation qui compte plus de 500 événements dans la région et dans le monde s’est déroulée ce week-end. À Morlaix, plusieurs lieux proposaient des animations. J’ai opté pour « Tous à la Manu ! », installée dans l’ancienne manufacture des tabacs.
VANNERIE, JEUX EN BOIS. Vanniers à Plouénan, Les Boutegerien Pont-Eon tenaient un stand où ils donnaient à voir leur travail. Ils ont invité le public à participer au tressage d’une corde à l’ancienne. Un autre stand très visité présentait des jeux anciens en bois.
PHOTO, JARDIN, ABEILLES. Dans la cour des jardins, les murs affichent de grandes photos de la Manu, du temps où elle était l’un des moteurs économiques de la ville avant sa fermeture en 2004, après 260 ans d’activité. L’atelier photographique Pierre Pitrou expose des chambres photographiques d’âge certain. On peut aussi se faire prendre le portrait par un appareil reflex moderne bricolé pour travailler sans objectif ! Le CPIE Morlaix-Trégor entend nous apprendre à jardiner au naturel, tandis que le Comité Chômeurs et solidaires annonce la mise en place prochaine des essaims d’abeilles au Jardin solidaire.
CHANSON, ARTS DIVERS. Dans la cour d’honneur, j’ai retrouvé Claude Bonnard et le théâtre de la Corniche, déjà rencontrés dans un savoureux répertoire de chansons revendicatives et politiques lors de la journée portes ouvertes à la Maison du Peuple de Morlaix. Avec leurs orgues de barbarie, ils nous ont cette fois régalé de la salace « Chez le boucher », de Claude Astier et de la méchante « Les filles du bord de mer », de Salvatore Adamo. Dans un bâtiment donnant sur la cour d’honneur, le groupe des Monts d’Arrée Diwali chantait des « chants du monde ». Dans la cour des artistes, où l’association « Les Moyens du Bord » (promotion de l’art contemporain) a élu domicile récemment, des chapiteaux abritent des artisans d’art, tandis que dans l’artothèque, on peut voir l’exposition « Introspective(s) ou les 12 ouvrages d’HM (Hervé Merer) ». Ouverte le 5 avril, elle se termine ce soir. Voisin de l’artothèque, l’atelier du peintre Yvon Follorou s’offre à la vue des visiteurs sans artifice, en désordre comme un lieu de travail, avec sa table encombrées de pinceaux, de tubes et pots de couleurs.
JE NE SUIS PAS ERIK. Pour l’anecdote : une dame m’a demandé si j’étais Erik Orsenna. Il y a quelques années, un monsieur m’avait abordé dans un hypermarché local en affirmant : « Vous êtes Erik Orsenna ! ». Malgré mes dénégations, il n’en voulut pas démordre. Je suis un peu gêné d’avoir une tête d’académicien français.