La Ferme Saby fournissait des fruits et légumes à la caserne. Tante Antoinette possédait un terrain derrière la caserne, où j’ai ramassé des patates. Plus tard, une maison y a été construite où elle a fini ses jours. Je n’ai pas fréquenté les écoles ni l’usine.
00180. Castelsarrasin – Caserne Banel – Le Corps de Garde. Date : 04/12/1913. Destination inconnue.
La ferme Saby avait l’exclusivité du ravitaillement en fruits et légumes de la caserne. Derrière cette caserne, touchant son mur arrière, s’étendait un lopin de terre appartenant à Antoinette, la tante de Montauban, sœur du pépé de Castel. J’y ai ramassé des patates. Plus tard, un lotissement s’est élevé à cet endroit et à l’emplacement de la parcelle d’Antoinette a été construite une maison où elle a fini ses jours après avoir vendu sa ferme montalbanaise. Pour ce qui est des écoles et de l’usine, je n’ai rien à en dire de personnel car je ne les ai pas fréquentées. Il parait qu’à l’école mon père Étienne était aussi bon en lettres qu’en maths. Je n’ai pas hérité de ses aptitudes en maths ! À mon époque, au milieu des années 1950, l’usine Sainte-Marguerite🛈Sur persee.fr Un établissement industriel dans une région agricole. employait 1200 personnes. Autant dire que j’en entendais parler. Mais je ne me baladais pas dans cet endroit.
Le marché hebdomadaire de Castelsarrasin se tient le jeudi matin au centre-ville. Mémé tenait un stand de fruits et légumes et tonton Serge un stand de charcuterie. Je me souviens des repas dans la charcuterie familiale. L’hôtel Marceillac est un bâtiment remarquable de style Art Nouveau.
Castelsarrasin – Avenue de Gascogne. Date : 08/12/1918. Destination : Montauban (Tarn-et-Garonne)
Le jeudi, le marché envahit toujours le centre-ville, précisément la place de la Liberté (sous les halles autrefois), la rue de la Révolution et le début de la rue de Varsovie, la place du Progrès (ou de la Poste) et la Promenade Flamens. Mais il se limite à la matinée, alors qu’il se prolongeait jusqu’en fin d’après-midi. La mémé de Castel, seconde épouse du pépé, après le décès de ma grand-mère en 1928 (mon père avait 7 ans), tenait un stand de fruits et légumes non loin du début de la rue de la Révolution. Tonton Serge, mari de tatie Jeannette, sœur de mon père, tenait son stand de charcuterie 30 mètres plus loin sur le même trottoir, devant le magasin de meubles de Jacky Barrière. Ce dernier m’avait à la bonne. Il m’appelait « petite tête de balai-brosse ». Il chassait parfois avec pépé et Serge et il m’arrivait de les accompagner comme simple spectateur. La charcuterie de Jeannette et Serge était dans la rue de la Fraternité. J’étais parfois invité à déjeuner dans la salle à manger derrière la boutique. Au début, il y avait les parents de Serge, puis seulement sa maman avant la disparition de cette dernière quelques années plus tard. J’ai été surpris de constater que ce métier exigeait beaucoup de travail. Dans la partie abritée de la cour, derrière le laboratoire, était accrochée une cage contenant deux petits oiseaux dont je ne sais plus le nom de l’espèce, qui avaient la particularité de tricoter la laine qu’on mettait à leur disposition pour faire des nids. Dans la rue de l’Égalité, l’extraordinaire Hôtel Marceillac🛈Sur wikipedia L’hôtel Marceillac est un hôtel de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) de style Art nouveau construit à l’initiative de Pierre-Adrien Marceillac et inauguré en 1912. Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 18 mai 2006., à l’origine Hôtel Moderne, est de style Art nouveau. Il appartient toujours à la même famille. Mes grands-parents lyonnais y ont couché lorsqu’ils m’ont amené à Castelsarrasin en voiture, la première fois. Plus récemment, j’y ai moi-même passé quelques nuitées terminées par un petit-déjeuner copieux et varié.
Pendant mes vacances à Castelsarrasin, je fréquentais l’église Saint-Jean et devais faire signer un carton chaque dimanche pour prouver ma présence à la messe. L’église Saint-Sauveur, autre lieu important, abrite des reliques de Saint-Alpinien.
Castelsarrasin – Place et Eglise Saint-Jean. Date : 25/09/1914. Destination : Avranches (Manche).
Lors de mes « grandes vacances » à Castelsarrasin, mon église, qui était aussi celle de notre famille, était l’église Saint-Jean (XVIe siècle), la plus proche de l’ex-ferme Saby. Chaque dimanche, je devais faire signer par le prêtre un carton à cases (une par semaine), à l’intention de mon catéchisme lyonnais, pour attester de ma présence à la messe. Ça ne rigolait pas, à l’époque. Je me souviens même d’un trajet Lyon-Genève avec mes grands-parents maternels où on s’était arrêté dans un village de l’Ain pour assister à l’office dominical et faire signer ce foutu carton. Reconstruite en 1254 mais apparaissant dans des textes dès 961, l’église Saint-Sauveur fut le prieuré de l’abbaye de Moissac jusqu’en 1626 et de ce fait devint l’église la plus importante du diocèse de Bas-Montauban. Elle abrite les reliques de Saint-Alpinien, patron de la ville. Sur certaines cartes on voit un square devant l’édifice. Je ne l’ai pas connu. Certes, je ne suis pas de la dernière pluie bretonne, mais il ne faut pas exagérer tout de même.
J’ai déjà présenté la Place de la Mairie et la Promenade du Château. Voici d’autres places importantes de la ville et la Promenade Pierre Flamens, menant au canal.
00045. 1/34. Place de la Concorde . M. Brousse, restaurant Petit-Saint-Jean, éditeur. 13/04/1922.
Deuxième livraison de cartes postales anciennes de Castelsarrasin : vues de la Promenade du Château. Souvenirs de la jeunesse passée à parcourir les lieux à vélo. Disparition du kiosque à musique et du cinéma en plein air.
00023. 1/21. Castelsarrasin – Entrée de la Promenade du Château. Phototypie Perret, Agen. 19/01/1903.
Deuxième livraison des cartes postales de Castelsarrasin. Après “Souvenir de”, les vues de la place de la Mairie et ses Halles, voici la Promenade du Château où je me suis beaucoup promené dans ma jeunesse. Surtout à vélo sur une partie formant avec le boulevard un circuit que j’élevais mentalement au rang de vélodrome. La Promenade entoure une place, parfois appelée place du Château, qui disposait en son centre d’un kiosque à musique que je n’ai pas connu. En revanche, j’ai connu le kiosque assez laid qui lui a succédé en bout de place et qui a été détruit lors de la réalisation du parking. L’été, devant ce kiosque s’installait le cinéma en plein air. L’endroit était très animé. Le grand café de Bordeaux n’a plus sa vaste terrasse pleine à craquer qui débordait sur la place. Il est remplacé, dans un bâtiment plus récent et plus petit, par le café de la Promenade, un banal bar-PMU-Snack avec une terrasse riquiqui.
Les croyants y verront un miracle. Après la fermeture de Google +, les fichiers perdus ont été retrouvés dans un sous-dossier sur mon ordinateur. Les cartes postales seront sauvegardées sur le serveur de notre site.
1/22. Souvenir de Castelsarrasin. Date : Inconnue. Destination : Monsempron-Libos (Lot-et-Garonne).
Les croyants crieront au miracle. Les autres feront remarquer que faire le tri dans les dossiers de son ordinateur peut permettre de trouver des fichiers que l’on croyait perdus. Après l’arrêt de Google +, où je les stockais, j’étais persuadé que, comme d’habitude, je n’avais pas fait de sauvegarde de mes cartes postales anciennes. Et voilà que je découvre un sous-dossier Google + dans mon dossier Téléchargements. Pour me protéger des caprices des sites qui décident un beau jour de supprimer certains de leurs services, je vais déposer ces images précieuses sur le serveur de notre propre site. Des cartes postales anciennes, quand il n’y en aura plus, il y en aura encore, car je n’ai pas fini de les scanner ! Pour commencer voici les 22 premières de Castelsarrasin, qui en compte 311.
Ma petite-cousine Angélique a posté sur facebook une story qui a attiré mon attention. Elle a découvert qu’une rue principale de Champagné-Saint-Hilaire porte le nom de mon père, Étienne Saby, frère de sa grand-mère paternelle.
Je n’aime pas les stories sur facebook en raison de leur lancement automatique, de leur trop courte durée qui empêche parfois de lire tout leur contenu et surtout de leur vie éphémère. Mais celle qu’a déposée ma petite-cousine me parle. Angélique a quitté Castelsarrasin pour s’installer en ex-Poitou-Charentes. Elle s’est baladée à Champagné-Saint-Hilaire (Vienne) où elle a découvert qu’une des rues principales du village porte le nom d’Étienne Saby, frère de sa grand-mère paternelle et mon père à moi. Elle dit s’apercevoir que cette personne de sa famille est plus connue dans sa nouvelle région que dans sa région d’origine, ce qui pourrait bien être vrai, car la rue Étienne-Saby de Castelsarrasin, elle inaugurée après son décès, ne fait que 80 m. Elle conduit à un petit lotissement, le Hameau du Kiosque, créé à l’emplacement du jardin de la ferme Saby, autour d’un bizarre kiosque de style arabo-quelque chose qui servait d’entrepôt d’outils agricoles, du temps de mes vacances dans ladite ferme. L’inauguration de la rue Étienne Saby de Champagné-Saint-Hilaire a eu lieu en sa présence, ce qui est assez rare, le 20 octobre 1985. Victor Hugo avait aussi connu la désignation d’une voie à son nom de son vivant mais lui, en plus, y habitait. De sorte qu’on pouvait lui écrire en inscrivant sur l’enveloppe : M. Victor Hugo, en son avenue, à Paris.
Gérard Dantin et moi (dans la carriole), sur le chemin, dans les années 50.
La voie en terre battue (aujourd’hui goudronnée) qu’on appelait “Le chemin” allait de l’avenue de Courbieu à la ferme Saby. À l’arrière-plan, le jardin de Mme Préher, occupé maintenant par des maisons. La mémé de Castel y étendait à sécher les tenues des joueurs de l’équipe de rugby après la lessive. J’allais souvent le soir chez Mme Préher, au début du chemin, pour bavarder et consulter sa belle collection de papillons du monde entier. D’autres soirs, je m’asseyais avec Delzers, l’un des deux domestiques (ouvriers agricoles vivant à la ferme, pas péjoratif à l’époque), sur le muret qui séparait le jardin de Mme Préher de la cour de la ferme. Très cultivé, il me nommait les étoiles.
Gérard Dantin, Étienne Saby et moi, au bord du chemin.
Derrière sur un terrain de la ferme, des poiriers. Sur cette parcelle sera construite plus tard la maison de tonton Serge et de tatie Jeannette (sœur d’Étienne).
R comme Rosso, expatrié de Saint-Laurent-du-Var en terre toulousaine, rend sur facebook un bel hommage à Guy Blanchard, sous forme de unes modifiées. Notre ami aurait sans doute particulièrement aimé celles de Var-matin, grand pourvoyeur de ses Mots du Jour, et de Charlie-Hebdo, qu’il appréciait. Le dos tourné de celle de La Croix fait penser à son point de vue sur la religion, bien traduit dans sa Bible au premier degré. Quant à la légende sous sa photo dans le Houston Chronicle, elle exprime ce que nous espérons tous : « Don’t know where, don’t know when, but we’ll meet again » (Je ne sais pas où, je ne sais pas quand, mais nous nous reverrons).
Guy Blanchard, lors de nos retrouvailles, au lac de Guerlédan. Jeu 22.07.2010.
jfsaby.com perd son plus grand contributeur. Avec 2 550 articles depuis le 1er janvier 2009, Guy était la locomotive de notre site, lui apportant une large part de son lectorat quotidien.
Et moi, je perds un ami. Nous nous étions côtoyés dans l’école primaire de garçons de la rue Tissot, dans le quartier de Vaise à Lyon. Puis, de l’autre côté de la Saône, dans le Cours complémentaire de Serin. Tout comme ses condisciples de l’École Technique Berliet, je l’ai retrouvé, cinquante ans plus tard, grâce aussi au site internet copainsdavant.
Nous nous sommes rencontrés en Bretagne, le 22 juillet 2010, au bord du lac de Guerlédan, à mi-chemin entre son point de chute dans la presqu’île de Rhuys et mon domicile dans le Finistère nord. Grosse émotion.
Puis, le 26 juillet 2013, j’ai eu le plaisir de recevoir la visite sur mes terres de Guy et de Cathy.
Enfin, je garde un souvenir ému de cette journée d’août 2014 où mes amis varois de Six-Fours m’ont fait connaître le magnifique village du Castellet, où ils avaient vécu de nombreuses années.
Ayant pris connaissance, dès la fin 2008, des savoureux « Mots du Jour » de Guy, envoyés par mail à un cercle restreint de parents et d’amis, je lui ai proposé de les reproduire sur internet sous forme de blog. Il n’aurait rien d’autre à faire pour cela que de m’inclure dans sa liste de destinataires. Ainsi fut fait. La mise en page de ses mails était suffisamment aboutie et inventive pour que je la restitue fidèlement. Et cela occupait nombre de mes matinées.
Gros vacarme dans le jardin, le mardi 14 septembre 2021 vers 17 h. Je me précipite dehors et je constate que mon hêtre tricentenaire a perdu de grosses branches qui gisent derrière mes voitures, leur barrant le chemin vers le portail. En cas d’urgence, je suis mal. Et de l’urgence, il aurait pu y en avoir si la catastrophe s’était pro-duite une heure plus tôt, au moment où je vais chercher le cour-rier à la boîte en bord de route. Au pire, je vous regarderais de Là-Haut maintenant. Pas de dégâts sur les véhicules, juste une petite éraflure en haut du hayon du Grand C4 Picasso. C’est le quatrième événement du genre dans le jardin, sans compter les branchettes éparpillées sur le sol après chaque tem-pête. Fin avril 2014, un ex-sapin de Noël s’était effondré derrière la caravane qui devait être volée par la suite, lui infligeant seulement un léger cabossage à l’arrière du toit. En janvier 2015, un peuplier a lâché une de ses plus belles branches sur la terrasse. En no-vembre 2017, un autre sapin tombait, sans la toucher, derrière la nouvelle caravane qui avait subi au mois d’août précédent une tentative de vol contrariée par les antivols dont je l’avais équipée. Bref, mes engins sur roues et les personnes qui déjeunent sur la terrasse ne vivent pas une vie sereine à Kéradennec. Un mot sur l’entreprise Bogey, de Saint-Pol-de-Léon. Tout à ma panique de ne pouvoir sortir en cas d’urgence et du fait qu’on m’annonçait deux à trois jours de travaux et de nombreux ca-mions pour le ramassage, dont le dépôt en déchetterie est payant au poids pour les professionnels (ce que j’ignorais), j’ai signé un devis de 5 000 euros. La nuit qui porte conseil m’a dit que c’était exorbitant, compte tenu que peu après 16 h la voie était dégagée et la zone ratissée. Le matin vers 11 h, M. Bogey rangeait sa tronçonneuse après avoir coupé un autre arbre penché en li-sière du bois qui, selon lui, menaçait ruine. J’obtenais un rabais de 1 000 euros en faisant valoir que le temps de travail était moins de la moitié du temps prévu, que les ramassages de l’arbre menaçant et du sapin de 2017, où il était déjà intervenu, n’ont pas été réali-sés, bien que payés. Pas certain d’être arrivé au juste prix. La prochaine fois, à Dieu ne plaise, j’appellerai quelqu’un d’autre.