a conférence de Frédéric Mallégol sur la galette des Rois, c’était du gâteau. On n’imaginait pas qu’on puisse parler pendant plus d’une heure d’un sujet que l’on croyait bien mince. Notre conférencier bimestriel nous a transporté des Saturnales romaines puis gallo-romaines pratiquées en Gaule, donc à Morlaix, à la galette actuelle dont la recette complète nous a été livrée en vidéo. Sans oublier le passage capital d’une fête païenne à la fête chrétienne de l’Épiphanie (épisode de l’adoration des Rois Mages devant Jésus), après la conversion au christianisme de l’empereur Constantin, conversion qui mettait fin au culte des dieux romains, donc de celui de Saturne. Les Saturnales s’accompagnaient déjà d’un gâteau rond et doré comme le soleil avec de vraies fèves qui permettaient de désigner le roi d’un jour, lequel pouvait être un esclave si le sort en avait décidé ainsi. Plus tard, pour éviter toute tricherie (ceux qui ne voulaient pas être roi avalaient la fève), la fève comestible a été remplacée par une fève en porcelaine.
Mathis, 18 ans ou 19 ans selon les sources, est un chanteur pop originaire de Ploudaniel. Il est arrivé en retard à Ker Madiou, venant d’un autre concert qu’il venait de donner dans un autre coin de Bretagne. C’est ainsi que l’on a pu assister au déploiement et aux réglages de son matériel : deux enceintes, un ampli, une tablette et sur lui télécommande et écouteurs. Et constater déjà à ce stade que le jeune homme bénéficie d’une énergie débordante. Sa voix, posée et douce, est hélas noyée dans une sono aux basses trop fortes… au dire de porteurs d’appareils auditifs ! Voix déjà remarquée dans l’émission de télévision « N’oubliez pas les enfants » (version enfant de « N’oubliez pas les paroles » pendant les fêtes), le 1er janvier 2020 où il avait porté le titre envié de maestro. Des spectateurs d’un certain âge ont pensé que la majeure partie de ce récital d’avant réveillon était de la composition de l’artiste alors qu’à l’inverse il s’agissait de reprises de chansons très connues mais récentes. Il y avait aussi des standards plus anciens, comme « On va s’aimer », de Gilbert Montagné, dont un extrait est à voir et à entendre dans la vidéo ci-dessus. Au final, un beau moment musical.
Aujourd’hui, Halim Corto nous a livré une de ses compositions, mais c’est surtout comme interprète de standards de la chanson qu’il est venu à Ker Madiou. Sa voix exceptionnelle allie puissance et douceur. Elle reflète sensibilité et bienveillance. C’était un concert en connivence avec le public, qu’il a encouragé à chanter avec lui. Halim Corto, 42 ans, est un auteur breton, compositeur, interprète, créateur de spectacles et drag-queen (sous le personnage de Zarracetamol). Intermittent du spectacle depuis 2009, l’artiste a une forte expérience de la scène qu’il a pu partager notamment avec Keen’V, Sandy Coops (The Voice 2), Bruno Moreno (The Voice 3), Magalie Vaé (Star Academy 5), Slimane, Nedjim Mahtallah, etc. En 2014, il a également partagé la scène avec la marraine de son deuxième album, Amel Bent. Il s’est montré très engagé dans la cause LGBTQIA + depuis plusieurs années et au sein d’associations contre les violences faites aux femmes. La cause des animaux lui tient aussi à cœur.
Encore un concert de qualité à Domitys Ker Madiou où le bar a pris des airs de cabaret. Dimitri Aubry, chanteur lyrique baryton et de variétés, saxophoniste, chef d’orchestre et ses parents, chargés de l’intendance et de la technique, nous sont venus de Vertou (Loire-Atlantique). Ils ont présenté « Chapeau, l’artiste ! », un savant mélange entre art lyrique et music-hall. Fond de scène, changements de costume fréquents, éclairage aux couleurs variées, sono professionnelle, rythme soutenu, tout y était.
DES ÉCOLIERS AUX PERSONNES ÂGÉES Dimitri Aubry a été animateur à la radio France Bleue Loire Océan et animateur et comédien à la télévision avec plusieurs partenariats, dont Réservoir Prod et Jean-Luc Delarue. Actuellement intermittent du spectacle au sein de l’Association « Les Étoiles Lyriques », Dimitri Aubry se produit depuis plus de quinze ans dans toute la France. Il assure 170 à 200 shows par an, en solo ou en meneur de revue, dans des théâtres, salles des fêtes, casinos, hôpitaux, ehpads, résidences pour seniors, écoles, etc.DE L’OPÉRA À LA CHANSONNETTE Cet après-midi, l’extrême diversité de son répertoire a été surprenante. On a eu droit, tant à la voix qu’au saxophone, à du moderne et à du classique et même à de l’opéra et de l’opérette. Le tout avec talent, voire virtuosité. Sur plusieurs chansons, quelques personnes du public ont dansé. French cancan endiablé, par deux hommes de l’équipe de Domitys, salués par l’artiste qui a cru déceler (humour) dans leur style une pointe de danse bretonne. Programme non figé : à la demande de spectateurs, Dimitri Aubry, après recherche dans sa base de données musicales pour les accompagnements, a joué « Petite Fleur », de Sydney Bechet et chanté « La java de Broadway ». La représentation avait commencé en retard mais au final cela valait le coup d’attendre, selon une résidente. Chapeau, l’artiste !
Lors d’une conférence à Domitys Ker Madiou, Armande Meunier et Stéphane Buard, infirmiers à la CDOT (► Coordination des Dons d’Organes et de Tissus) de l’hôpital de Morlaix, ont expliqué en quoi consiste leur travail et plus généralement ont dévoilé tout ce qu’on aurait voulu savoir sur le don d’organes sans jamais avoir osé le demander. Le sujet, lié à celui de la mort, est en effet encore un peu tabou, même si on en parle davantage qu’autrefois. Les intervenants ont affirmé d’emblée ne pas être venus en « recruteurs » de donneurs d’organes et ont déclaré ne porter aucun jugement sur les opinions des uns et des autres.
QUELQUES CHIFFRES Depuis la loi du 22 décembre 1976 (loi Caillavet), chacun est présumé donneur, sauf en cas de refus exprimé de son vivant. Cela peut se faire en s’inscrivant sur le ► registre national du refus (possible dès l’âge de 13 ans), en le disant au médecin traitant, appelé systématiquement par la coordination des dons, en le mentionnant dans le dossier médical partagé et en le disant partout autour de vous. En France, on compte 36,4 % de refus, le taux le plus bas est en Bretagne (21,3 %) et le plus haut en Ile-de-France (53,5 %). L’âge moyen en France des donneurs décédés prélevés est de 58 ans, un chiffre stable depuis 10 ans. Plus de 22 000 patients sont inscrits sur la liste nationale d’attente de greffe. En 2024, 852 patients en attente de greffe sont morts.
À L’HÔPITAL DE MORLAIX Le Centre hospitalier des Pays de Morlaix n’est un centre de prélèvements que depuis 2010. Il est agréé pour le prélèvement des organes, mais pour les tissus, seulement de la cornée et depuis 2023 des valves du cœur et des vaisseaux. Des travaux dans la salle et l’ajustement des compétences ainsi qu’une demande d’autorisation par l’Agence Régionale de Santé sont en cours pour les autres tissus. Les demandes d’autorisation par L’ARS doivent être renouvelées tous les cinq ans.
IDÉES REÇUES Ont été détaillées les réponses à dix questions que l’on se pose. Un excellent résumé en est fait dans un trousseau de cartes largement diffusé et offert. Il est là-dessous :
UN FILM PARLANT Pour terminer la séance, les deux conférenciers avaient prévu de nous diffuser « Comment j’ai sauvé des vies », un court-métrage dur et émouvant de sensibilisation au don d’organes. Ils y ont renoncé préférant conseiller à ceux qui ne craignent pas de le regarder de le rechercher sur youtube. Pas la peine : il est là-dessous :