• Montauban (4/7). Églises, gares, immeubles

    La gare de Villebourbon est la principale, associée à la ligne Bordeaux–Sète, tandis que la gare de Villenouvelle est deve­nue maison de quartier. Montauban était une capitale du protestantisme avant que Louis XIV n’interdise cette religion. Le patrimoine immobilier de la ville comprend des bâtiments officiels, la Halle aux Grains, les Magasins Réunis, et le Mu­sée Ingres Bourdelle.
    Montauban doit son surnom de « ville rose » à son architecture de briques. La Tour Leautier du XIIIe siècle s’est effondrée en 1910 lors de travaux de consolidation.

    223. No : 00584. 5 FÉVRIER 1906. L'ÉVEQUE DE MONTAUBAN EMPECHÉ D'ARRIVER A SA CATHEDRALE. Date : 20/01/1907.
    223. No : 00584. 5 FÉVRIER 1906. L’ÉVEQUE DE MONTAUBAN EMPECHÉ D’ARRIVER A SA CATHEDRALE. Date : 20/01/1907.

    Il y a de quoi se mélanger les pinceaux avec le nom des deux gares. La gare de Villebourbon, la principale, est traversée par la ligne Bordeaux–Sète qu’emprun­tait depuis Castelsarrasin mon pépé quand il venait me chercher à Sète pour les vacances, relayant mes grands-parents mater­nels venus me livrer en voiture depuis Lyon. La gare de Villenouvelle, plus petite, desservait l’an­cienne ligne vers Lexos. Achetée par la ville, elle a été réaménagée en salle de quartier. L’éditeur d’une des cartes est tombé dans le panneau en légendant Villenouvelle une vue de Villebourbon.

    Une ville religieuse
    Montauban a connu des problèmes avec les cultes. Elle a été l’une des capitales du protes­tantisme1 avant que Louis XIV interdise cette reli­gion et qu’il exige que la ville construise en ur­gence nombre de bâtiments catholiques. Ces derniers sont bien représentés dans mes cartes postales anciennes qui ne comportent qu’une seule vue de temple. Je n’ai rien trouvé sur l’épi­sode de l’évêque empêché d’entrer dans sa ca­thédrale, le 5 février 1906. J’imagine que la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État et l’inventaire des biens des Églises qui s’ensuivit ne sont pas étrangers à l’événement.
    La tante de Montauban, sœur du papa de mon papa, était je crois protestante. Seul exemplaire à ma connaissance de « huguenote2 » dans la famille, je la regardais avec curiosité. Mais elle ne parlait jamais de religion.

    Une ville bien bâtie
    Le patrimoine immobilier de Montauban est considérable. Outre les bâtiments officiels, dignes d’une préfecture, on remarque l’originale Halle aux Grains et l’immeuble cossu des Magasins Réunis qui éditent eux-mêmes les deux cartes les représentant. Quant au Musée Ingres Bourdelle, il a été palais épiscopal et hôtel de ville avant de recueillir des œuvres du peintre et du sculpeur natifs de « la plus rose des villes roses », surnom que Montauban doit à son ar­chitecture de briques. La Tour Leautier3 du XIIIe siècle, transformée en beffroi par la ville, était lé­zardée depuis le milieu du XIXe siècle. Elle s’est écroulée, le 11 août 1910, lors de travaux pour la consolider ! La dernière des cartes postales de cette série en témoigne.


    1 – Les idées de la Réforme, attestées à Montauban dès 1537, gagnent peu à peu la majorité de la population, à tel point que les réformés se rendent maîtres de la ville en 1561. La ville est l’une des quatre places de sûreté accordées aux protestants (avec La Rochelle, Cognac et La Charité-sur-Loire) par l’édit de Saint-Germain-en-Laye (1570). Montauban devient une des capitales du protes­tantisme français ; de nombreux temples y sont construits. Source : museeprotestant.org.

    2 – Les huguenots (terme péjoratif employé par les catholiques) sont les protestants du royaume de France et du royaume de Navarre pendant les guerres de religion de la seconde moitié du XVIe siècle.

    3 – Lautier sur certaines cartes. En réalité cette tour a été édifiée au début du XIIIe siècle par un consul du nom de Lauthier pour embellir sa maison. Toutes les autres tours de Montauban ayant été détruites pendant les guerres de religion, la municipalité transforma cette tour en beffroi, vers 1700. Elle a aussi été appelée “Tour de l’Horloge”. Source : persee.fr.

    vues

  • Montauban (3/7). Eaux, ponts, inondations, moulins

    Montauban et Moissac, riches en cours d’eau et ponts, ont subi des inondations en 1930. Le moulin de Sapiacou a brûlé en 2006, mais un projet en 2018 vise à le restaurer avec des appartements et une centrale hydraulique, sans relancer la production de farine. Difficulté à déterminer le nombre de moulins sur le Tarn à Montauban.

    Montauban comme Moissac est riche en cours d’eau et ponts et comme Moissac elle a subi les inondations de 1930. Images spectaculaires. On n’imagine pas que les eaux puissent faire des dégâts comparables à ceux d’un bombardement pendant une guerre.
    Le moulin de Sapiacou a brûlé en 2006. Un projet a été élaboré en 2018 visant à préserver ce qui peut l’être et à reconstruire dans l’esprit architectural de l’ancien bâtiment ce qui a été détruit. Des appartements, des salles de réunion et une centrale hydraulique vont être construits, mais la fabrication de farine, arrêtée depuis le milieu des années 1970, ne reprendra pas.
    Le moulin Sapiacou et le moulin Sapiac, situés l’un en face de l’au-tre, ont formé avec le moulin Albarèdes la puissante Compagnie des trois moulins. Le moulin de Palisse a été utilisé pour moudre la farine. Il servit pour carder la laine et désormais on s’en sert pour produire de l’électricité. Je n’arrive pas à déterminer le nombre de moulins sur le Tarn, à Montauban, entre ceux qui ont changé de nom et les autres. Je ne sais pas s’il y en a qui moulent encore du blé.

    Montauban. Le Moulin de Sapiacou tombe pour mieux se relever🛈Sur ladepeche.fr
    Publié le 30/11/2018. Depuis 4 ans, la famille Poujol est propriétaire du Moulin de Sapiacou. Après de nombreuses démarches administratives, les travaux démarrent enfin. Des appartements, des salles de réunion et une centrale hydraulique vont être construits…

    vues

  • Montauban (2/7). Bibliothèque, écoles, casernes

    Montauban pendant la Grande Guerre : casernes, écoles transformées en hôpitaux, bibliothèque avec 30 000 volumes et archives pour s’évader.

    Ambiance guerre de 14-18 dans cette deuxième livraison des car-tes postales anciennes de Montauban. La ville est bien équipée en casernes. Plusieurs établissements scolaires, un pensionnat et même un séminaire sont transformés en hôpitaux provisoires. Reste à admirer l’impressionnante bibliothèque devant le square de l’hôtel-de-ville. Avec ses 30.000 volumes et archives elle offrait de quoi s’évader par la lecture, en ces temps difficiles.

    vues

  • Montauban (1/7). Souvenir de, vues générales

    Pendant mes grandes vacances, mon père et Odette descen­daient également à Castelsarrasin avant d’aller à Montalivet où je les accompagnais. Nous passions aussi une semaine ou deux à la ferme de tante Antoinette à Montauban.

    Lors de mes grandes vacances, mon père et sa femme Odette descendaient aussi à Castelsarrasin avant de rejoindre l’océan à Montalivet où je les accompagnais. Auparavant, nous allions passer une semaine à Montauban, dans la ferme de tante Antoinette, sœur de mon grand-père paternel, le pépé de Castel. Je prenais cette parenthèse comme une retraite, car si j’y bénéfi-ciais de la même liberté qu’à Castelsarrasin, les possibilités de sorties se limitaient aux cultures et pâturages environnants, la ferme étant éloignée de la ville, à une largeur de petite route de l’hippodrome. Hippodrome où il n’y avait rien à voir en été ! Le spectacle des vaches ramenées du pré à l’étable par les chiens était une des distractions de la journée.
    Je suis aussi venu à Montauban à deux ou trois reprises quand la famille Bardagie, amie de mon père puis de moi, habitait cette ville avant de venir habiter à Castelsarrasin.

    Mar 02.09.2014 Coup d’œil sur l’ex-ferme de Montauban🛈Sur jfsaby.com/blogs/
    Cet après-midi, j’ai jeté mon coup d’œil habituel sur l’ex-ferme de la tante de Montauban. Nous nous y déportions de Castelsarrasin pour y passer une ou deux semaines de nos vacances…

    vues

  • Moissac (2/2). Cours d’eau, ponts, inondations de 1930

    Deux cours d’eau traversent la ville de Moissac : le Tarn et le Canal latéral à la Garonne. Le Canal est désormais voué au tourisme fluvial. Le pont-tournant de Saint-Jacques survit com­me témoin du passé.
    En 1930, la ville a été gravement touchée par des inonda­tions dévastatrices, qui ont fait 131 morts.

    La ville de Moissac doit beaucoup de son charme aux deux cours d’eau qui la traversent : le Tarn et le Canal latéral à la Garonne qui prolonge le Ca­nal du Midi de Toulouse à Bordeaux.
    Deux ponts enjambent le Tarn : le pont Napoléon qui fait transiter les voitures et le Pont-Canal de Cacor qui fait transiter… les ba-teaux. Conçu au départ pour le transport de frêt, le Canal latéral à la Garonne est maintenant voué au tourisme fluvial. Belle image à capter quand deux bateaux se croisent, l’un dessous le pont, l’au-tre dessus.
    Autre curiosité sur ce canal qui, après avoir survolé le Tarn, traver-se Moissac d’est en ouest, le pont-tounant de Saint-Jacques, seul survivant des quatre ponts-tournants de la ville et aussi le seul conservé sur les 193 km du canal latéral.
    Mais l’eau n’est pas toujours charmante et paisible. Il arrive qu’elle se mette en colère. Et Moissac fut la ville la plus meurtrie lors des inondations de 1930 lorsque le Tarn, la Garonne, l’Agout, l’Aveyron s’étaient coalisés pour envahir le Tarn-et-Garonne. Les quatre dernières cartes de cette série témoignent de l’ampleur de la ca-tastrophe qui avait fait 131 morts à Moissac.

    Moissac, son Pont-Canal, lieu prestigieux et insolite🛈Sur tourisme-moissac-terresdesconfluences
    Érigé en 1845, sa vocation est le transport de marchandises jusqu’à Bordeaux. De par ses 356 mètres de long avec 15 arches en briques toulousaines et pierres blanches du Quercy, il est emblématique (un des trois plus grands de France).

    Inondations de 1930 : Moissac paye le plus lourd tribut🛈Sur la depeche.fr
    En cette terrible journée du 3 mars 1930, 131 personnes perdent la vie à Moissac. Sur les 7 400 habitants, on dénombre 5 896 sans-abri, 1 400 maisons à reconstruire et 75 % de la surface de la ville sont inondés.

    vues

  • Moissac (1/2). Souvenir de, églises, bâtiments

    La ville de Moissac n’est qu’à sept kilomètres de Castelsarrasin mais je ne la fréquentais guère lors de mes vacances adolescen-tes. Je la traversais parfois quand je m’offrais une balade à vélo jusqu’à Valence d’Agen. Ce n’est qu’en octobre 2010, à 66 ans, que j’y ai arrêté mon ex-fourgon aménagé pour enfin visiter le fameux cloître et l’église Saint-Pierre.

    18.10.2010. Une semaine à Castelsarrasin🛈Sur jfsaby.com/blogs
    Mer 13.10.10. Panne de gaz et incursion dans le moyen-âge. À Moissac, j’ai visité l’abbatiale Saint-Pierre, que je ne connaissais pas et le cloître, que j’avais vu il y a une petite cinquantaine d’années.

    vues

  • Castelsarrasin (10/10). Les environs, les châteaux

    Il y a bien une quinzaine de châteaux dans les environs de Cas-telsarrasin. D’où mon étonnement de n’en trouver que deux sur mes cartes postales anciennes. Le château féodal de Terrides (avec ou sans s) est le plus représenté. Situé dans la commune de Labourgade, il est devenu un hôtel avec espace de réception, restaurant à l’ancienne et piscine à débordement.
    Le château de Sainte-Livrade, à Moissac, est privé et ne se visite pas.

    Les balades de la D.R.E.B

    La D.R.E.B (Découvrir ou Redécouvrir Ensemble à Boudou) est une association particulièrement dynamique qui, entre autres activités, organise des visites des communes et hameaux autour de Boudou (Tarn-et-Garonne).

    SAINTE-LIVRADE. Visite du 27 avril 2018              Site en refonte : lien invalide
    Château de TERRIDES. Visite du 12 avril 2019   Site en refonte : lien invalide

    vues

  • Castelsarrasin (9/10). Abbaye et ponts de Belleperche, pont de Trescassés

    Je n’ai rien à raconter de personnel sur ces trois ponts qui traver-sent la Garonne, près de Castelsarrasin. Je ne les ai fréquentés ni à pied, ni à cheval, ni en voiture, ni en train.
    Le plus proche de ma ville de vacances est le pont de Trescassés. Celui qui figure sur mes cartes anciennes est un pont suspendu qui a été ouvert en août 1851 avec un péage à 5 centimes pour les piétons et 80 centimes pour les voitures à cheval ! Il a été partagé un temps avec une ligne de tramways à vapeur, ce qui fut l’occa-sion de nombreux incidents et accidents entre ses usagers. Il n’existe plus et a été remplacé par un pont routier pas suspendu beaucoup moins spectaculaire. Les cartes montrent l’ancien pont suspendu de Belleperche, construit en 1841, démoli en 1937 et remplacé en 1941 par le pont actuel. Situé en amont, le pont ferro-viaire de Belleperche est traversé par la ligne de Castelsarrasin à Beaumont-de-Lomagne. Je n’arrive pas à trouver la date de sa construction, logiquement antérieure au 9 octobre 1904, date de la mise en service de la ligne par la Compagnie du Midi. Actuellement peu utilisée (uniquement du fret) cette ligne pourrait rouvrir au service voyageurs.
    L’abbaye de Belleperche est devenue le Musée des Arts de la Table. Ma petite-cousine Angélique m’avait emmené le découvrir en octobre 2011, mais nous avions trouvé portes closes. À défaut nous nous étions promené vers la fontaine des moines, à 200 mè-tres de l’abbaye. J’avais eu l’inconscience d’écrire : « C’était leur cabinet de toilette à ciel ouvert, en quelque sorte. N’avaient pas intérêt à oublier de prendre leur savon ». Ce qui me valut une salve de 11 commentaires plus ou moins égrillards déclenchée par celui du très regretté Guy Blanchard : « N’avaient pas intérêt à oublier de prendre leur savon… ou à le laisser tomber ? ».

    Dim 02.10.2011. Bamboo Parc, abbaye de Belleperche🛈Sur jfsaby.com
    Castelsarrasin. Visite du Bamboo Parc (fermé depuis 2014) et de l’abbaye de Belleperche…

    Les ponts suspendus en Tarn-et-Garonne

    Le Tarn-et-Garonne doit à son réseau hydrographique d’être le département de France le plus doté en ponts suspendus ! Car franchir des cours d’eau comme la Garonne, le Tarn ou l’Aveyron est plus difficile qu’il n’y parait.
    Leur largeur impose des ponts traditionnels à plusieurs arches, qui s’appuient sur des piliers dressés dans le lit des rivières que les crues mettent souvent à mal, tout en fragilisant l’ensemble de l’ouvrage. C’est la raison pour laquelle au milieu du XIXe siècle, et à la faveur de l’émergence d’un acier de meilleure qualité, s’est développée la technique des ponts suspendus qui permettent de franchir de grandes brèches sans prendre appui dans la rivière. Un coût plus faible également. C’est ainsi que les ponts suspendus ont conquis le Tarn-et-Garonne, de 1841 à 1884.
    On en comptait 11 à l’origine, mais il n’en reste que dix, car le pont de Trescasses a disparu dans les années 1980. Tous sont ouverts à la circulation (à l’exception du pont de Bourret).

    vues

  • Castelsarrasin (8/10). Le canal, le lavoir, les moulins

    00237. Castelsarrazin - Passerelle sur le Canal. 01/11/1903. Dest. : Carcassonne (Aude). Achille Bouis, phot., Montauban
    00237. Castelsarrazin – Passerelle sur le Canal. 01/11/1903. Achille Bouis, phot., Montauban

    Le canal latéral à la Garonne🛈Sur wikipedia
    Le canal latéral à la Garonne, ou canal de Garonne, est un canal latéral français de petit gabarit datant du XIXe siècle, qui relie Toulouse à Castets et Castillon (Gironde) près de Bordeaux, où il rejoint la Garonne… Avec le canal du Midi qui relie Toulouse à Sète, il forme le canal des Deux-Mers entre la Méditerranée et l’océan Atlantique.
    ou canal de Garonne est le pro­lon­ge­ment du canal du Midi depuis Toulouse jusqu’à proximité de Bordeaux où il rejoint la Garonne.
    À Castelsarrasin, un élargissement partiel de ce canal a été créé. On l’appelait le bassin. Il ne s’y passait pas grand chose, à part la rare traversée de péniches commerciales, des kermesses et le feu d’artifice du 14 juillet.
    Il est devenu, depuis 1997, le Port Jacques-Yves-Cousteau🛈Sur wikipedia
    Le Port Jacques-Yves-Cousteau, situé à Castelsarrasin, en région Occitanie, est un port de plaisance consacré au tourisme fluvial. Ce port est situé sur le canal de Garonne, dans le centre-ville de Castelsarrasin.
    , équipé pour le tourisme fluvial, et il rencontre un énorme succès. À chacun de mes séjours à Castel je vais passer une heure ou deux à rêver devant les péniches, devenues de plaisance, et les autres bateaux, de plaisance d’origine, tous aménagés en maisons mobiles confortables.
    Les trois cartes postales sur le lavoir me laissent perplexes. Je croyais qu’il se trouvait au bord du canal, mais pas du tout : il était en léger contrebas du boulevard Sanguineng. Je n’en ai pas le souvenir. Peut-être avait-il déjà été remplacé par des immeubles.

    vues

  • Castelsarrasin (7/10). Abattoir, gare, square, maison, vues générales

    Castelsarrasin - La Gare. Date : 03/07/1910. Destination : Valence d'Agen (Tarn-et-Garonne)
    Castelsarrasin – La Gare (Vue intérieure). Edition de la Maison des Grands Magasins Réunis. 03/07/1910.

    L’arrivée en gare de Castelsarrasin était pour moi un bonheur. Elle marquait le début des grandes vacances chez des gens que j’aimais tous, sans exception. Peut-être parce que, contrairement à ma vie à Lyon où j’étais plutôt vissé, on me laissait ici une totale liberté.
    Au début, quand j’étais trop jeune pour voyager seul, mon grand-père maternel, dit parrain et ma grand-mère maternelle, dite marraine, m’ame­naient en voiture de Lyon à la gare de Sète où mon grand-père paternel, dit pépé, arrivait de Castel pour me récupérer. À cette occasion rituelle, pépé sortait le costume. On se retrouvait à Palavas-les-Flots dans un restaurant de bord de mer, toujours le même, pour la bouillabaisse que j’évitais, n’aimant pas le poisson. Une ou deux fois nous avons assisté aux fa­meuses joutes nautiques de Sète.
    Quand j’étais devenu grand, je faisais le voyage seul, dans les volutes carbonées des locomoti­ves à vapeur. Il y avait un changement de train à Toulouse qui me laissait le temps de me balader dans la ville. J’ai encore l’image des vendeurs de violettes sur les trottoirs des rues du centre.
    Une fois, de nuit, je me suis arrêté à Avignon et j’ai dormi sur un banc de la gare en attendant le train pour la Côte d’Azur. But de cette dérivation prémé­ditée et clandestine : retrouver mon amou­reuse de l’époque à Haut-de-Cagnes. Souvenir d’une nuit seul à la belle étoile dans la nature à mi-pente de la colline avec les lumières de la brique­terie restées allumées en contrebas dans la vallée.
    Au matin, ma copine m’avait apporté deux énormes sandwiches confectionnés à l’insu de ses parents mais tartinés de fromage, denrée dont je suis allergique.
    J’ai su plus tard que mon père avait été avisé de mon escapade secrète par quelqu’un qui m’avait vu à Haut-de-Cagnes. Ouh, le vilain rapporteur !

    vues