urprenant couple d’artistes dégageant un charme volontairement suranné, cet après-midi à Domitys. Avec leurs orgues de barbarie et de menus accessoires, Rozanny et son complice anonyme ont présenté un spectacle de music-hall à l’ancienne chargé d’humour et d’émotion, alternant chansons, monologue, jeu de lettres, compétition de pouet-pouet et même magie. Avec une bonne dose d’inventivité. Pour « La complainte du phoque en Alaska », un petit phoque de trois semaines, bien vivant mais craquant comme une peluche, a été présenté au public. Bibi s’est échoué dans la rivière de Penzé, il y a une quinzaine de jours. Le duo, en tournée tout près, l’a recueilli. Il va être transporté à Océanopolis, à Brest. La chanson « Kenavo (au revoir en breton), de Gérard Jaffrès, termine souvent les concerts en Bretagne. Ici, on a conservé la musique et le refrain mais on a changé les autres paroles en les mettant à la sauce orgue de barbarie et à la sauce vieilles chansons.
LES EXTRAITS DANS LA VIDÉO
C’EST MAGNIFIQUE.– Luis Mariano. Sous ce climat, Les baisers sont comm’ ça !…. LA JAVA BLEUE.– Fréhel. C’est la java bleue La java la plus belle…. COMME DE BIEN ENTENDU.– Arletty et Michel Simon. Voici, contée sur une valse musette…. MON AMANT DE SAINT-JEAN.– Lucienne Delyle. Je ne sais pourquoi j’allais danser…. EVA DIPLÔMÉE.– Eva reçoit le diplôme de l’Ordre des tourneurs de manivelle. POUET ! POUET !.– Bourvil. Je lui fais, « Pouet-pouet »… CONCOURS DE POUET-POUET.– Les deux équipes engagées terminent ex-aequo. LA COMPLAINTE DE LA BUTTE.– Cora Vaucaire, paroles de Jean Renoir pour son film “French Cancan”. La lune trop blême pose un diadème sur tes cheveux roux… PIGALLE.– Georges Ulmer. Il y avait une rue C´est une place C´est même tout un quartier… À LA SAINT-MÉDARD.– Les Frères Jacques. À la Saint-Médard mon Dieu qu’il a plu… EMMENEZ-MOI.– Charles Aznavour. Emmenez-moi au bout de la terre… LA PLUPART DU TEMPS.– Robert Lamoureux. La plupart du temps, quand on aime et qu’on a 60 ans… L’ALPHABET.– Auteur non renseigné. La vie d’un citoyen est pleine d’alé A… MISTRAL GAGNANT.– Renaud. À m’asseoir sur un banc, cinq minutes, avec toi LA COMPLAINTE DU PHOQUE EN ALASKA.– Michel Rivard. Un jeune phoque est présenté au public. Dans un cirque aux États-Unis Le phoque est tout seul… LES CHAMPS-ÉLYSÉES.– Joe Dassin. Aux Champs-Élysées Au soleil, sous la pluie… SIFFLER SUR LA COLLINE.– Joe Dassin. Elle m’a dit d’aller siffler là-haut sur la colline… L’AÏEUL.– Jean-Roger Caussimon. Ma bru m’a conduit par la manche Jusqu’au petit banc… L’EAU VIVE.– Guy Béart. Comme les petits bateaux emportés par l’eau vive… LE PETIT CORDONNIER.– Francis Lemarque. Un petit cordonnier qui voulait aller danser… LE PETIT OISEAU DE TOUTES LES COULEURS.– Gilbert Bécaud. Ce matin je sors de chez moi Il m’attendait, il était là… LA BALLADE NORD-IRLANDAISE.– Renaud. Je voulais planter un oranger Là où la chanson n’en verra jamais… AU CAFÉ DU PORT.– Gérard Jaffrès. Je connais un endroit, sur la côte ensablée… LOGUIVY-DE-LA-MER.– François Budet. Loguivy-de-la mer, Loguivy-de-la mer Tu regardes mourir… TOUR DE MAGIE : ROZANNY DISPARAÎT.–Alors, c’est parti ! Et voilà !. JOLIE MÔME.– Léo Ferré. T’es toute nue sous ton pull Y a la rue qu’est maboule, jolie môme… LES COMÉDIENS.– Charles Aznavour. Les comédiens ont démonté leurs tréteaux… UNE SOURIS VERTE.– Anonyme. Je l’attrape par la queue Je la montre à ces messieurs… LA JEUNE FILLE DU MÉTRO.– Renaud. Sentant quelque chose qui la chatouille… C’EST BEAU LA VIE.– Jean Ferrat. Tout ce qui tremble et palpite, tout ce qui lutte et se bat… KENAVO.– D’après Gérard Jaffrès. Tourne la manivelle, défile le carton…
Vidéo, 7 mn 16 s. Fête de la Bretagne. Tous à la Manu. Dim 18.05.2014.
La fête de la Bretagne, manifestation qui compte plus de 500 événements dans la région et dans le monde s’est déroulée ce week-end. À Morlaix, plusieurs lieux proposaient des animations. J’ai opté pour « Tous à la Manu ! », installée dans l’ancienne manufacture des tabacs.
VANNERIE, JEUX EN BOIS. Vanniers à Plouénan, Les Boutegerien Pont-Eon tenaient un stand où ils donnaient à voir leur travail. Ils ont invité le public à participer au tressage d’une corde à l’ancienne. Un autre stand très visité présentait des jeux anciens en bois.
PHOTO, JARDIN, ABEILLES. Dans la cour des jardins, les murs affichent de grandes photos de la Manu, du temps où elle était l’un des moteurs économiques de la ville avant sa fermeture en 2004, après 260 ans d’activité. L’atelier photographique Pierre Pitrou expose des chambres photographiques d’âge certain. On peut aussi se faire prendre le portrait par un appareil reflex moderne bricolé pour travailler sans objectif ! Le CPIE Morlaix-Trégor entend nous apprendre à jardiner au naturel, tandis que le Comité Chômeurs et solidaires annonce la mise en place prochaine des essaims d’abeilles au Jardin solidaire.
CHANSON, ARTS DIVERS. Dans la cour d’honneur, j’ai retrouvé Claude Bonnard et le théâtre de la Corniche, déjà rencontrés dans un savoureux répertoire de chansons revendicatives et politiques lors de la journée portes ouvertes à la Maison du Peuple de Morlaix. Avec leurs orgues de barbarie, ils nous ont cette fois régalé de la salace « Chez le boucher », de Claude Astier et de la méchante « Les filles du bord de mer », de Salvatore Adamo. Dans un bâtiment donnant sur la cour d’honneur, le groupe des Monts d’Arrée Diwali chantait des « chants du monde ». Dans la cour des artistes, où l’association « Les Moyens du Bord » (promotion de l’art contemporain) a élu domicile récemment, des chapiteaux abritent des artisans d’art, tandis que dans l’artothèque, on peut voir l’exposition « Introspective(s) ou les 12 ouvrages d’HM (Hervé Merer) ». Ouverte le 5 avril, elle se termine ce soir. Voisin de l’artothèque, l’atelier du peintre Yvon Follorou s’offre à la vue des visiteurs sans artifice, en désordre comme un lieu de travail, avec sa table encombrées de pinceaux, de tubes et pots de couleurs.
JE NE SUIS PAS ERIK. Pour l’anecdote : une dame m’a demandé si j’étais Erik Orsenna. Il y a quelques années, un monsieur m’avait abordé dans un hypermarché local en affirmant : « Vous êtes Erik Orsenna ! ». Malgré mes dénégations, il n’en voulut pas démordre. Je suis un peu gêné d’avoir une tête d’académicien français.
La Maison du Peuple possède une façade(ℹ) qui ne paie pas de mine, en bas d’une discrète venelle, l’impasse Tréguier. J’étais loin d’imaginer que sa porte ouvrait sur un vaste ensemble de bâtiments entourant une cour intérieure ancienne, que certains de ces bâtiments grimpaient la colline jusqu’à une terrasse avec vue sur la ville et que sur cette terrasse était posée, cerise sur le gâteau, une très vieille salle des fêtes.
UN AMOUR DE SALLE DES FÊTES. Cette salle des fêtes, que je suppose méconnue du public, aurait besoin d’une remise en état. Si une souscription était ouverte, je souscrirais. Sa petite scène en pente, avec trou du souffleur, est trop craquante. Merci à Alain de m’avoir montré cette merveille et de m’avoir guidé, en habitué des lieux, dans le dédale d’escaliers et de petites pièces de la Maison.
CHANSONS REVENDICATIVES. À l’occasion de ces Journées du patrimoine 2013, l’Union Locale CGT a bien fait les choses. Cet après-midi, Claude Bonnard et Jérôme André, du Théâtre de la Corniche, s’accompagnant d’un orgue de barbarie ou d’une guitare, ont offert aux visiteurs un récital jubilatoire de chansons anciennes, à forte teneur revendicative et politique. La vidéo de 6 mn 41 s contient « Le temps des cerises », de Jean-Baptiste Clément, détournée en « Le temps des crises » par Jules Jouy et « La semaine sanglante », paroles de Jean-Baptiste Clément sur l’air du Chant des Paysans de Pierre Dupont.
LES RÉFUGIÉS ESPAGNOLS. À l’un des étages, une salle présentait une exposition très documentée sur les immigrés espagnols dans le Finistère et en particulier dans le pays de Morlaix entre 1936 et 1940. Anne-Marie, mémoire vive de la CGT morlaisienne et Françoise ont préparé cette belle rétrospective. Le film rare « L’exode d’un peuple », était projeté ailleurs, dans une salle de formation syndicale aux papiers peints joliment désuets, transformée en salle de cinéma pour la circonstance. J’en livre ci-dessous la version intégrale de 36 mn 29 s, un peu répétitive et un peu détériorée.
Pour ceux qui s’étonneraient de ma familiarité avec Alain, Françoise, Anne-Marie et Joseph, dit Jo, que j’appelle par leur prénom, sachez qu’ils sont comme moi des anciens du quotidien Le Télégramme. À ce titre, je les connais depuis longtemps. Ce qui n’est pas le cas de la Maison du Peuple, siège de l’Union locale CGT, que j’ai été content de découvrir aujourd’hui.