Samedi et dimanche, en se promenant dans les couloirs ou en traversant le bar de Domitys Ker Madiou, à Morlaix, on se trouvait plongé dans les années 40. On croisait des militaires et des dames en tenue d’époque. Dans le salon une exposition riche en objets de ce temps-là avait pris la place du cinéma du dimanche. La chose a été concoctée avec Géraldine, du staff de la résiden-ce, par Aurélien, Franck et Maud, membres de diverses associations de passionnés d’histoire de cette période, mais venus ici , comme les autres participants, à titre personnel.
Pierre Quentel venait de finir d’installer l’exposition de ses œu-vres, salle « Le Préau » à Locquénolé, quand les quatre partici-pants à la sortie organisée par Julien Simonklein, l’animateur de Domitys Morlaix, ont investi les lieux. Mince et élancé, le regard pénétrant, Pierre Quentel est artiste jusqu’au bout des doigts. Dans sa peinture, il y a de la danse et de la musique, même quand il ne montre pas des danseurs et des musiciens. Il y a aussi beaucoup de poésie, même quand il n’illus-tre pas les courts poèmes de Catherine Chartier, l’écrivaine des Monts d’Arrée. Ouverte hier lundi 4 août, l’exposition fermera le lundi 11 août. Précipitez-vous !
Mes lecteurs savent combien j’apprécie la Maison du Peuple de Morlaix, en particulier sa salle des fêtes d’un autre âge dont je suis tombé amoureux. Aujourd’hui ont été réceptionnés les travaux de consolidation de cette salle des fêtes qui lui permettront d’attendre sa rénovation.
DU BEAU MONDE À L’EXPO. Par la même occasion la CGT locale, propriétaire des lieux, a procédé au vernissage de l’exposition « La CGT, 120 ans en Finistère, hier, aujourd’hui, demain » (ouverte jusqu’à mercredi), devant un public de choix. À part moi, on remarquait en effet la présence de Claude Bonnard, du Théâtre de la Corniche, Annie Loneux, conseillère déléguée de Morlaix communauté, Guy Tandé, président du Comité de la Maison du Peuple, Anne-Marie et Alain Quesseveur, membres très actifs de ce comité et de deux jolies journalistes des quotidiens locaux, Le Télégramme et Ouest-France.
PROBLÈME D’IMAGES. Un mot sur mes déboires de photographe. Avant de me rendre à Morlaix, j’ai sorti de mon sac le caméscope Panasonic en vue de recharger sa batterie. J’ai constaté qu’il avait subi un choc sévère et qu’il était fichu. Je vais regretter cet appareil qui m’accompagnait en permanence car il produisait des photos et des vidéos de qualité, grâce notamment à son excellente optique Leica. Lorsque j’ai voulu photographier le vernissage de l’exposition, l’écran de mon Fujifilm XE1 m’a appris que la carte-mémoire était absente. Damned ! Elle était restée dans l’ordinateur. Il ne me restait plus que le caméscope JVC 3D qui fait aussi des photos en 2D mais de qualité médiocre en basse lumière. Je n’ai vu autant de grain sur des images qu’au temps de l’analogique, quand on gonflait trop la sensibilité ISO de la pellicule ou quand on ratait le développement. J’aurais mieux fait d’utiliser mon smartphone. Pas eu le réflexe. Question d’âge !
La Maison du Peuple possède une façade(ℹ) qui ne paie pas de mine, en bas d’une discrète venelle, l’impasse Tréguier. J’étais loin d’imaginer que sa porte ouvrait sur un vaste ensemble de bâtiments entourant une cour intérieure ancienne, que certains de ces bâtiments grimpaient la colline jusqu’à une terrasse avec vue sur la ville et que sur cette terrasse était posée, cerise sur le gâteau, une très vieille salle des fêtes.
UN AMOUR DE SALLE DES FÊTES. Cette salle des fêtes, que je suppose méconnue du public, aurait besoin d’une remise en état. Si une souscription était ouverte, je souscrirais. Sa petite scène en pente, avec trou du souffleur, est trop craquante. Merci à Alain de m’avoir montré cette merveille et de m’avoir guidé, en habitué des lieux, dans le dédale d’escaliers et de petites pièces de la Maison.
CHANSONS REVENDICATIVES. À l’occasion de ces Journées du patrimoine 2013, l’Union Locale CGT a bien fait les choses. Cet après-midi, Claude Bonnard et Jérôme André, du Théâtre de la Corniche, s’accompagnant d’un orgue de barbarie ou d’une guitare, ont offert aux visiteurs un récital jubilatoire de chansons anciennes, à forte teneur revendicative et politique. La vidéo de 6 mn 41 s contient « Le temps des cerises », de Jean-Baptiste Clément, détournée en « Le temps des crises » par Jules Jouy et « La semaine sanglante », paroles de Jean-Baptiste Clément sur l’air du Chant des Paysans de Pierre Dupont.
LES RÉFUGIÉS ESPAGNOLS. À l’un des étages, une salle présentait une exposition très documentée sur les immigrés espagnols dans le Finistère et en particulier dans le pays de Morlaix entre 1936 et 1940. Anne-Marie, mémoire vive de la CGT morlaisienne et Françoise ont préparé cette belle rétrospective. Le film rare « L’exode d’un peuple », était projeté ailleurs, dans une salle de formation syndicale aux papiers peints joliment désuets, transformée en salle de cinéma pour la circonstance. J’en livre ci-dessous la version intégrale de 36 mn 29 s, un peu répétitive et un peu détériorée.
Pour ceux qui s’étonneraient de ma familiarité avec Alain, Françoise, Anne-Marie et Joseph, dit Jo, que j’appelle par leur prénom, sachez qu’ils sont comme moi des anciens du quotidien Le Télégramme. À ce titre, je les connais depuis longtemps. Ce qui n’est pas le cas de la Maison du Peuple, siège de l’Union locale CGT, que j’ai été content de découvrir aujourd’hui.
Ma première sortie dans Paris a été pour visiter le musée Rodin. Après avoir vu, dans le bâtiment de l’entrée, l’exposition tempo-raire sur Rodin et l’art japonais, je me suis promené dans le jardin. Puis, dans le bâtiment principal, j’ai parcouru les salles de l’expo-sition permanente. Je me suis attardé dans la (trop) petite salle consacrée à Camille Claudel, constatant, une fois de plus, que je préfère l’élève au maître.