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  • Une conférence ciselée sur Émile Gallé

    Vidéo, 1 mn 44 s. Mme Blin nous parle d’Émile Gallé. Mer 21.01.2026. © Jeff Saby.

    I

    l n’y a pas que des intervenants extérieurs pour les conférences à Domitys Ker Madiou. Des résidents et résidentes passionnés par un sujet, dont ils sont en général devenus au fil du temps des experts, peuvent se livrer à l’exercice.
    Après l’exposé sur les crèches et santonsJean-Charles Le Pellec nous a raconté l’histoire des crèches et des santons en préambule de la diffusion de la Pastorale des santons… par Jean-Charles Le Pellec, Mme Emmanuelle Blin, Nancéenne, nous a fait partager sa connaissance approfondie de la vie et de l’œuvre d’Émile Gallé.

    UN ART QUI FAIT ÉCOLE
    L’Art nouveau s’impose lors de l’Exposition universelle de 1889 à Paris, où Émile Gallé et Louis Majorelle voient leur talent reconnu : Émile Gallé reçoit le grand prix pour la verrerie et les médailles d’or et d’argent pour la céramique et le mobilier, Louis Majorelle reçoit la médaille d’argent pour le mobilier. La présence du Japonais Takashima Hokkai à Nancy, de 1885 à 1889, a eu un impact sur le thème oriental de nombreuses œuvres. Nombre de celles d’Émile Gallé se trouvent aujourd’hui au Japon. L’École de Nancy, créée le 13 février 1901 par Émile Gallé, Victor Prouvé, Majorelle et Antonin Daum, marque l’apogée de l’Art nouveau en France. L’association se propose, notamment grâce à la présence d’industriels capables de produire en grande quantité, de faire entrer l’art dans les foyers. L’inspiration essentielle de l’Art nouveau est à chercher dans les formes végétales : ginkgo, ombelle, berce du Caucase, nénuphar, chardon ou encore cucurbitacée, et animales, comme les libellules. Est recherchée l’utilisation poussée de la verrerie, la céramique, la ferronnerie, l’acier, le bois, pour mettre le beau dans les mains de tous.
    L’activité de l’École de Nancy se déroule principalement à Nancy. C’est en 1909 que le mouvement connaît sa dernière manifestation collective à Nancy, dans le cadre de l’Exposition internationale de l’Est de la France. Par la suite, le style évolue lentement vers ce qui constituera l’Art déco.

    LE VERRIER DREYFUSARD
    Artiste, artisan, industriel, Émile Gallé fut aussi un militant de la défense d’Alfred Dreyfus, tant par ses œuvres que par ses écrits, ce qui lui valut jusqu’à sa mort de nombreuses inimitiés à Nancy, ville antidreyfusarde. Quand ils le croisaient dans une rue, les passants changeaient de trottoir. Il avait créé L’Étoile de l’Est, le seul média dreyfusard face à l’Est Républicain, le Courrier de l’Est, la Croix de l’Est, tous antidreyfusards. Ses positions politiques ont aussi entraîné la fin de son amitié avec Maurice Barrès et son bannis­sement de la bonne société de Nancy. Ses relations, comme ses affaires, seront ensuite à Paris.

    L’APRÈS ÉMILE
    Après le décès d’Émile Gallé d’une leucémie en 1904, sa veuve Henriette Gallé, née Grimm, prend la direction de la verrerie qui devient la société anonyme des Établissements Gallé. Elle produit jusqu’en 1914, date de sa mort, des verreries multicouches reprises de dessins et modèles existants. Son gendre Paul Perdrizet lui succède. De 1918 jusqu’à l’arrêt définitif en 1936, la production est standardisée à grande échelle, avec création de nouveaux modèles et de la technique du verre soufflé-moulé.
    Le prix d’un vase fabriqué à l’atelier Gallé s’établit entre 10 000 et plus de 300 000 euros tandis que les productions en série, qu’elles soient datées du vivant ou après la mort d’Émile Gallé, se négocient entre 100 et 15 000 euros.

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  • Conférence. Écrans et bien-être

    Vidéo, 4 mn 19 s. Conférence sur l’utilisation des écrans. Mar 9.12.2025. © Jeff Saby.

    Deux étudiantes de la faculté de médecine de Brest, Léna Blaize et Suzanne Contios, ont animé une conférence au Domitys de Morlaix sur l’utilisation des écrans et sur le bien-être ou les désagréments que l’on peut en tirer.

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  • Don d’organes et de tissus : il faut qu’on en parle

    Don d’organes et de tissus : il faut qu’on en parle

    Lors d’une conférence à Domitys Ker Madiou, Armande Meunier et Stéphane Buard, infirmiers à la CDOT (► Coordination des Dons d’Organes et de Tissus) de l’hôpital de Morlaix, ont expliqué en quoi consiste leur travail et plus généralement ont dévoilé tout ce qu’on aurait voulu savoir sur le don d’organes sans jamais avoir osé le demander. Le sujet, lié à celui de la mort, est en effet encore un peu tabou, même si on en parle davantage qu’autrefois. Les intervenants ont affirmé d’emblée ne pas être venus en « recruteurs » de donneurs d’organes et ont déclaré ne porter aucun jugement sur les opinions des uns et des autres.

    QUELQUES CHIFFRES
    Depuis la loi du 22 décembre 1976 (loi Caillavet), chacun est présumé donneur, sauf en cas de refus exprimé de son vivant. Cela peut se faire en s’inscrivant sur le ► registre national du refus (possible dès l’âge de 13 ans), en le disant au médecin traitant, appelé systématiquement par la coordination des dons, en le mentionnant dans le dossier médical partagé et en le disant partout autour de vous. En France, on compte 36,4 % de refus, le taux le plus bas est en Bretagne (21,3 %) et le plus haut en Ile-de-France (53,5 %). L’âge moyen en France des donneurs décédés prélevés est de 58 ans, un chiffre stable depuis 10 ans. Plus de 22 000 patients sont inscrits sur la liste nationale d’attente de greffe. En 2024, 852 patients en attente de greffe sont morts.

    À L’HÔPITAL DE MORLAIX
    Le Centre hospitalier des Pays de Morlaix n’est un centre de prélèvements que depuis 2010. Il est agréé pour le prélèvement des organes, mais pour les tissus, seulement de la cornée et depuis 2023 des valves du cœur et des vaisseaux. Des travaux dans la salle et l’ajustement des compétences ainsi qu’une demande d’autorisation par l’Agence Régionale de Santé sont en cours pour les autres tissus. Les demandes d’autorisation par L’ARS doivent être renouvelées tous les cinq ans.

    IDÉES REÇUES
    Ont été détaillées les réponses à dix questions que l’on se pose. Un excellent résumé en est fait dans un trousseau de cartes largement diffusé et offert. Il est là-dessous :

    UN FILM PARLANT
    Pour terminer la séance, les deux conférenciers avaient prévu de nous diffuser « Comment j’ai sauvé des vies », un court-métrage dur et émouvant de sensibilisation au don d’organes. Ils y ont renoncé préférant conseiller à ceux qui ne craignent pas de le regarder de le rechercher sur youtube. Pas la peine : il est là-dessous :

    Vidéo, 8 mn 36 s. « Comment j’ai sauvé des vies », un film de Benjamin Caspar.
    Étapes de la production et première page du scénario.

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  • Les directives anticipées pour gérer sa fin de vie

    Certains ignorent leur existence, d’où l’intérêt de cette conférence de Me Viviane Guimberteau, notaire à Plestin-les-Grèves, sur les directives anticipées. Intérêt bien compris par la nombreuse assistance dans le salon de la résidence Domitys Ker Madiou à Morlaix.

    VOS DÉSIRS SONT DES ORDRES
    Si les directives anticipées sont désormais encadrées par des lois (loi Léonetti de 2005 et loi Claeys-Léonetti de 2016) qui font obligation aux médecins et autres intervenants lors de votre fin de vie de les respecter, la façon de les rédiger est libre, en manuscrit ou dactylographiées, sur n’importe quel papier. Il existe sur internet de nombreux formulaires prêts à l’emploi, surtout orientés sur l’aspect médical, mais rien n’oblige à les utiliser. Pour être valide le document de vos directives doit comporter la date de la rédaction, vos nom et prénom, vos lieu et date de naissance et votre signature ou celle de la personne de confiance désignée dans ce document. Vous devez être majeur et en pleine possession de vos facultés cognitives. Une procédure permet de les faire rédiger par la personne de confiance, sous votre dictée et en présence de témoins, si vous n’êtes pas en mesure de tenir un stylo. Il va de soi que les directives anticipées ne seront mises à contribution que si vous n’êtes plus en état d’exprimer vos souhaits. Depuis la loi Léonetti, les directives anticipées sont pérennes : on ne doit plus les renouveler annuellement et seules les dernières en date découvertes seront appliquées.

    QUEL CONTENU ?
    On y mettra ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas. On veut avoir des soins de confort pour supprimer la douleur. On veut que sa pudeur, sa dignité soient respectées. On ne veut pas d’obstination dérai­sonnable, nouvelle appellation de l’acharnement thérapeu­ti­que. On accepte ou pas la sédation profonde. On accepte ou pas de donner ses organes. On veut une cérémonie religieuse ou pas. On préfère être incinéré ou enterré. On veut finir sa vie chez soi, où les soins palliatifs sont toujours possibles, ou dans tel établissement hospitalier, à condition que ce dernier soit en mesure de vous accueillir. Le centre de soins palliatifs de votre département peut vous aider à rédiger vos directives si vous manquez d’inspiration.
    Les directives anticipées ne doivent pas être confondues avec le testament, « acte à cause de mort », qui concerne la répartition de vos biens après votre disparition et qui obéit à des règles plus strictes.

    LE FAIRE SAVOIR
    On ne doit pas pouvoir ignorer que vous avez pris des directives anticipées. Versez-les dans votre dossier médical partagé ou demandez à votre médecin de le faire. Les ajouter à votre dossier chez Domitys est aussi une bonne idée. Les enregistrer chez un notaire n’en est pas une mauvaise. Précisez quelles personnes doivent être avisées s’il vous arrive quelque chose. Faites des copies pour une ou plusieurs personnes de votre entourage et bien sûr pour la personne de confiance que vous avez choisie.

    LE MANDAT DE PROTECTION FUTURE
    En renfort des directives anticipées il est possible de créer un mandat de protection future. Par ce mandat, vous désignerez une ou, afin de se prémunir contre sa défaillance éventuelle, plusieurs personnes pour gérer vos biens personnels et vos opérations comptables tant que vous n’êtes pas mis sous tutelle ou sous curatelle. Vos mandataires pourront signer pour vous si vous l’avez précisé dans le mandat. Ainsi, par exemple, ils pourront vendre votre voiture si vous ne pouvez plus la conduire ou virer de l’argent de votre épargne sur votre compte chèque en cas de dépenses à venir.

    La rédaction des directives anticipées n’est pas imposée. Elle est recommandée. Elle apporte une aide à votre famille en cas de décision urgente à prendre à votre place.

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