Un arbre a encore souffert. C’est le quatrième dans le jardin (je ne compte pas la partie boisée du terrain). J’ai débité à la scie la ma-jeure partie de deux des précédents. À la scie car quand je suis seul, je préfère ne pas utiliser la tronçonneuse, étant bien trop maladroit. Si je perdais un bras, il me serait difficile de rejoindre les urgences. Hier en fin d’après-midi, je regardais le match de coupe de la Ligue de football Monaco-Guingamp, quand j’ai entendu un vacarme fort et bref. En hiver, je ferme souvent les volets des portes-fenê-tres vers 17 h pour limiter la déperdition de chaleur. Je n’ai donc rien vu. C’est ce matin, en ouvrant les susdits volets, que j’ai cons-taté l’étendue des dégâts. Il serait temps que ça s’arrête, car là vraiment, je ne peux plus suivre.
Nous avons subi de grosses tempêtes ces derniers (mauvais) temps. De nombreuses branches jonchent mon terrain. Mais je n’avais pas jusque-là constaté des dégâts importants. Hier, en re-venant de la boîte aux lettres, j’ai découvert un grand sapin gisant derrière ma caravane. Je ne l’avais pas vu à l’aller. C’est dire si je suis distrait. Dans sa chute, sous les assauts de la tempête Andréa, le malheu-reux conifère, qui fut jadis sapin de Noël, a frôlé l’arrière de ma ca-ravane. Je n’ai observé qu’un léger cocard à l’amorce du toit. Elle l’a échappé belle.
Guy, bien connu de mes services, comme multi-récidiviste des Mots du jour, et Cathy, m’ont fait un cadeau que j’ai beaucoup apprécié. Ils sont venus me voir sur mes terres ignaciennes. J’ai été content de retrouver mon copain de l’école primaire et du cours complémentaire, à Lyon (déjà rencontré à Guerlédan le 22 juillet 2010) et de faire la connaissance de son épouse. Mes visiteurs m’ont invité au restaurant. J’en ai profité pour faire découvrir, en Bretagne septentrionale, à ces méridionaux des bords de la Méditerranée un bout de littoral de la Manche auquel je me suis attaché, en 46 années de présence dans le Nord-Finistère. D’autant qu’avant d’atterrir à Kéradennec j’ai vécu dans les deux endroits où je les ai emmenés aujourd’hui. Au Dourduff, le Café du port nous a ouvert, pour le déjeuner, les bras des fauteuils de sa terrasse avec vue sur la mer puis nous avons admiré, depuis le parapet d’en face, le port de plaisance à marée basse et l’embouchure de la rivière de Morlaix. On s’est ensuite déporté après l’entreprise ostréicole, pour embrasser du regard l’ensemble de la baie de Morlaix. Tiens, je croyais que le château du Taureau, notre Fort-Boyard à nous, était mieux visible d’ici. À Térénez, sorte de presqu’île d’opérette, les riverains de la Belle Bleue ont découvert avec étonnement que la Manche pouvait être d’un bleu méditerranée. J’ai été heureux que cette prise de contact se soit produite un jour particulièrement ensoleillé ! Côté plage, des voiliers prenaient la mer. Côté port de plaisance, plus discret, derrière le bâtiment de l’école de voile, en bout de presqu’île (c’est là que nous bronzions et nous baignions, Nicole et moi, à la fin des années 60), nous avons crapahuté dans les rochers et remonté la jetée. Bref, j’ai passé un très bon moment avec mes amis varois. Comme disait M. Blanc, un ancien sous-préfet de Morlaix, à la fin de la plupart de ses discours : « Ce jour est à marquer d’une pierre blanche ».
Je me suis enfin décidé à sortir de ma tanière pour apporter les cadeaux du Père Noël à qui de droit. Hier matin, chargement rapide de l’Eurocamp et, après le « franchissement » des Montagnes Noires (318 m au Roc Toullaëron), descente vers ma descendance pluvignoise.
LES CADEAUX. La valise de magie a semblé plaire à Ewan, mais je crains que la plupart des tours proposés soient un peu trop complexes pour un enfant de 7 ans, âge pourtant préconisé sur la boîte. Quant à l’établi d’Arno, bien qu’estampillé Black & Decker, il constitue une belle arnaque : les accessoires sont en nombre limité et l’écartement des trous dans les pièces en bois à visser ne correspond pas à l’écartement des trous du support ! Le bambin a été suffisamment inventif pour ne pas se laisser démonter par ces difficultés. Le marteau a eu du succès. On oublie parfois qu’il n’y a pas que les tambours qui sont bruyants. Mon Père Noël avait jusqu’ici une bonne réputation au sein de la famille. J’ai peur qu’il la perde.
LA BALADE. Aujourd’hui dimanche, nous avons fait une belle balade. Nicolas a voulu me montrer Saint-Cado, dans la ria d’Etel, où il a passé naguère un excellent séjour et j’ai souhaité connaître le très joli port de Saint-Goustan, dont j’avais souvent publié des photos quand je tenais l’édition d’Auray du Télégramme. À Saint-Cado, la « petite maison sur l’eau » est très connue depuis qu’elle a été photographiée par Philip Plisson. Je la photographie aussi. Sa présence sur ce blog va, c’est certain, faire passer sa réputation de mondiale à planétaire.
Comme il l’a annoncé dans son blog, Guy Blanchard se trouve en Bretagne cette semaine. Son point de chute se situant dans la presqu’île de Rhuys et mon point d’attache à Plouigneau, nous avons convenu de nous retrouver à mi-chemin, c’est-à-dire dans la salle à manger du Beau Rivage, au bord du lac de Guerlédan. Plus de cinquante années se sont écoulées depuis notre passage sur les bancs de l’école primaire de la rue Tissot (aujourd’hui groupe scolaire Audrey-Hepburn) et sur ceux du cours complémentaire de Serin, à Lyon. Je n’aurai pas l’outrecuidance d’affirmer que j’aurais reconnu mon copain d’avant sans avoir vu des photos récentes. Son front s’est orné des rides de ceux qui pensent. Activité cérébrale dont témoignent aussi ses savoureux Mots du jour. Son regard est celui de ceux qui ont voyagé. Et qui voyagent toujours (sympathique Combo aménagé en « bivouac-car »). Tout cela ajouté à notre conversation me laisse l’impression globale d’avoir rencontré un homme libre.
Tous les mercredis d’été sont organisées, près du phare d’Eckmülh, les « Noz de Penmarc’h ». Ces festoù-noz sont très prisés des touristes. Certains n’hésitent pas a suivre les cours de danse bretonne dispensés le jour même, dans l’après-midi. Je ne pratique pas, bien sûr, cet exercice, mais j’aime ces réunions où chacun, toutes classes sociales confondues, semble vraiment s’amuser sans complexe. À l’annonce d’une nouvelle danse, les plus aguerris montrent les pas aux néophytes. Ce soir, le kan ha diskan chanté par un couple a mis le feu, comme dirait Johnny, et un groupe de quatre musiciens l’a attisé.
Sur le port de Saint-Guénolé, nous avons flâné après les courses du matin à Ecomarché. L’endroit est très fréquenté par des oiseaux marins dont je n’arrive pas à savoir si ce sont des goélands ou des mouettes. Certaines variétés des uns et des autres se ressemblent vraiment beaucoup. Si quelqu’un a une idée sur la question, qu’il n’hésite pas à laisser un commentaire. Dans un port breton, la présence d’un chameau et d’un droma-daire est plus inattendue. Le cirque Zavatta s’est installé aujourd’hui pour deux représentations, à 18 h 30 et 21 h.
Le port de Loctudy est le septième port français en volume de pêche. Il fait face à l’Ile-Tudy, qui n’a plus d’île que le nom. Toute proche par la mer avec les Vedettes de l’Odet, elle est à près de 18 km par la route.
Quand on est au Domaine de la Joie, la promenade vers Saint-Pierre et retour est un grand classique, à l’instar de la Promenade des Anglais à Nice ou de la Croisette à Cannes, mais en plus rustique. Passage obligé par la chapelle Notre-Dame de la Joie dont j’entends un touriste affirmer qu’elle est la plus proche du littoral de France. J’en doute, même s’il est vrai que par forte tempête, il ne doit pas faire bon traîner autour d’elle. Le phare d’Eckmühl, que l’on contourne rituellement, est l’un des monuments les plus visités du Finistère. Un panneau, que nous n’avions pas remarqué l’année dernière, indique la présence près du célèbre édifice d’une chapelle Saint-Pierre. Nous faisons deux fois le tour de la pointe et nous ne la trouvons pas !